Spécialisée dans le traitement de surface des métaux, l'ETI normande Electropoli confirme une hausse de ses commandes dans le secteur de la Défense, mais tempère l'ampleur du phénomène souvent mis en avant ces derniers mois.
"Depuis deux ans, au lieu des 40 % de hausse de commandes annoncés, on a seulement reçu 15 % de commandes en plus, estime Laurent Guenee, responsable grands comptes d'Electropoli. On constate une différence entre les annonces et la réalité du terrain. Les perspectives annoncées sont positives, même si leur concrétisation sur le terrain reste mesurée. Le renforcement de notre activité Défense représente un levier essentiel pour accompagner la transition et compenser la baisse significative des volumes du secteur automobile".
La Défense pèse 20 % de l'activité
Basée à Isigny-le-Buat (Manche), l'entreprise compte 1 300 collaborateurs, dont 200 en France, pour un chiffre d'affaires 2025 supérieur à 100 millions d'euros. Si l'automobile reste son premier débouché en France (60 % de l'activité), la Défense pèse pour 20 % de sa clientèle, devant l'aéronautique (5 %), le solde se répartissant entre le ferroviaire et l'industrie générale.
Sur le segment Défense, Electropoli intervient pour des fabricants de munitions (missiles, obus, têtes d'obus et composants divers) ainsi que pour des véhicules blindés et leurs pièces métalliques associées. Le traitement le plus fréquent (90 % des cas) vise la protection anti-corrosion, auquel s'ajoutent des traitements anti-usure ou destinés à améliorer l'adhérence des surfaces.
Des investissements engagés malgré une hausse plus mesurée qu'annoncé
Même revue à la baisse, la progression des commandes a tout de même contraint l'entreprise à revoir à la hausse ses capacités de production. "On n'était pas préparés à traiter en volume ce type de pièces dans le marché de la défense, précise Laurent Guenee. On a toujours eu, jusqu'il y a encore trois à cinq ans, des capacités répondant à des besoins bas et réguliers. Aujourd'hui, il a fallu augmenter nos moyens de production pour accompagner cet afflux de commandes."
L'entreprise a ainsi dû investir 470 000 euros depuis 2024 : 350 000 euros pour reconditionner une ancienne ligne en ligne automatisée pour la défense, auxquels se sont ajoutés 120 000 euros d'équipements destinés à l'atelier de peinture liquide afin d'augmenter les volumes de production.
Pour financer cette montée en puissance, Electropoli a sollicité le fonds défense normand, lancé en mars dernier par la Région Normandie. "Mais ce prêt éventuel ne serait pas suffisant pour que nous puissions investir sans plus de visibilité sur les volumes du périmètre défense", estime Laurent Guenee.
L'entreprise a également engagé des recrutements, notamment "une technicienne qualité, deux peintres, trois opérateurs affectés à la préparation/retouches de pièces et enfin, nous assurons la formation de 5 opérateurs existants qui ont basculés vers les activités ADS (Aéronautique, Défense et Spatial)", conclut Laurent Guenee.