Difficile de faire plus diamétralement opposé à première vue. D’un côté, l’immobilier, souvent perçu comme une valeur sûre pour l’investissement. De l’autre, le bitcoin, une cryptomonnaie spéculative, associée à un risque élevé et une forte volatilité. Pour autant, le nantais One Experience (20 salariés, 5 M€ de CA) a fait ce grand écart. Fondée en 2017 par Édouard Masseau, la société s’est d’abord tournée vers l’investissement immobilier : dans l’événementiel avec des lieux ouverts dans toute la France pour des acteurs du BtoB ou BtoC, mais aussi dans l’hôtellerie, et dans le logement pour les salariés. Mais depuis cet été, l’entreprise est sortie de ses sentiers habituels, avec un investissement dans des bitcoins.
Le but ? Simplement en détenir. Pour ce faire, elle a levé 1,6 million d’euros cet été, puis 2,5 millions d’euros ce mois-ci, en Bourse (l’ensemble du capital est côté). "90 % de cette somme vise à constituer un stock de cette cryptomonnaie. Nous avons aujourd’hui 22 bitcoins", explique Édouard Masseau.
D’autres levées de fonds à venir
Pour One Experience, qui possède 10 millions d’euros d’actifs bruts immobiliers, l’objectif est d’avoir à terme une réserve de bitcoins semblable à son stock immobilier. Pour ce faire, elle compte donc multiplier les levées de fonds dans un futur proche. "Cette réserve intéresse à la fois les investisseurs traditionnels, qui ne connaissent pas forcément les bitcoins, mais aussi les investisseurs spécialisés du secteur qui sécurisent leur capital avec une partie immobilière. Cela permet aussi aux petits porteurs d’acheter des actions dans les cryptomonnaies avec leur Plan Épargne Action", souligne Édouard Masseau, qui revendique avoir atteint la rentabilité lors du premier semestre 2025.
Une projection sur le temps long
Le dirigeant a aiguisé sa connaissance du secteur lorsque des investisseurs, issus de la tech et qui avaient investi dans un immeuble avec One Experience à Lille, lui ont demandé de recevoir les loyers en cryptomonnaie. "Au lieu d’avoir une rentabilité de 3 à 5 % classique pour la ville, ils ont atteint une rentabilité supérieure à 25 % grâce à l’augmentation de la valeur du bitcoin, décrypte Édouard Masseau. Le bitcoin ne peut qu’augmenter dans le futur, mais il faut regarder son cours sur le temps long". Pour rappel, le bitcoin n’est pas reconnu comme une monnaie en France, et reste un actif considéré très volatil. Néanmoins, le dirigeant ne craint pas cette instabilité : "si l’avenir ne nous donne pas raison, nos parts sociales seront toujours valorisées par nos actifs immobiliers".