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Le groupe immobilier nantais Réalités sort du redressement judiciaire
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Le groupe immobilier nantais Réalités sort du redressement judiciaire

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Un an après son placement en redressement judiciaire, le promoteur nantais Réalités annonce que le Tribunal de commerce de Nantes a arrêté son plan de redressement. Recentrage, désendettement et dilution massive marquent ce nouveau départ pour cet acteur clé de l’immobilier.

Yoann Choin-Joubert, fondateur et dirigeant de Réalités — Photo : Réalités

Un an après son placement en redressement judiciaire, le promoteur immobilier nantais Réalités annonce sa sortie de procédure. Dans un communiqué diffusé le 19 février, la société indique que le Tribunal de commerce de Nantes a, le 18 février 2026, "arrêté le plan de redressement présenté par la Société et certaines de ses filiales (Réalités, Bird AM, Financière Réalités et Réalités Maîtrise d’Ouvrage), mettant ainsi fin à la procédure de redressement judiciaire ouverte le 5 février 2025".

Ce jugement "marque l’aboutissement d’un processus de restructuration exigeant, mené dans un contexte de marché particulièrement contraint pour le secteur immobilier". Il ouvre, selon le groupe, "une nouvelle phase de son développement, fondée sur une structure financière assainie, un périmètre clarifié et une organisation recentrée sur ses activités stratégiques".

Recentrage et simplification

Le plan repose d’abord sur une "rationalisation opérationnelle". Réalités acte un recentrage sur son cœur d’activité, la promotion immobilière, avec "la cession d’activités considérées comme non stratégiques" et "une simplification du modèle économique".

Cette réorganisation inclut "la liquidation (judiciaire ou amiable) ou la dissolution […] de certaines des sociétés de projets immobiliers du Groupe", précise le communiqué, ces opérations intervenant "à l’issue normale de leur cycle de vie, une fois les projets achevés, livrés ou abandonnés".

Un désendettement et un remboursement partiel

Deuxième pilier : le désendettement. En décembre 2024, le groupe assurait que "les négociations portent sur un montant total de 403,3 millions d'euros de dettes financières (banques, Euro PP, obligataires et co-investisseurs). Le plan prévoit ainsi "un remboursement partiel (jusqu’à 14 %) progressif des créances sur une période de 10 ans", assorti "d’abandons ou, à l’option des créanciers concernés, de conversions significatives du solde non remboursé des créances (jusqu’à 93 %) en actions nouvelles". Objectif : réduire "le passif financier et opérationnel".

En janvier 2026, le projet avait recueilli un large soutien : "83,27 % des créanciers cumulés ont voté en faveur du plan" et "les actionnaires ont voté à plus de 99,99 % des votants en faveur du plan".

Gouvernance transformée et dilution massive

Troisième axe : la stabilisation de la gouvernance. Compte tenu "des conversions massives en capital et de la très forte dilution des actionnaires existants", Réalités est transformée en société en commandite par actions. L’associé commandité et gérant sera une société représentée par Yoann Choin-Joubert, le fondateur du groupe en 2003. Le communiqué souligne par ailleurs que les augmentations de capital réservées aux créanciers "entraîneront une dilution massive des actionnaires existants", dont la participation sera "inférieure à 1 % pour les actionnaires historiques, à titre indicatif".

Ces opérations feront l’objet d’un prospectus soumis à l’approbation de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

"Un cadre d’exploitation normalisé"

Pour Réalités, la sortie de procédure doit permettre de "retrouver un cadre d’exploitation normalisé", de "renforcer la confiance de l’ensemble de ses partenaires (clients, partenaires financier, fournisseurs)" et de "se projeter dans un nouveau cycle de création de valeur".

Fondé en 2003 et coté sur Euronext Growth Paris depuis 2014, le groupe affirme aborder cette étape "avec des fondamentaux renforcés, une organisation clarifiée et une ambition renouvelée au service de ses projets et des territoires". Basé à Saint-Herblain, le groupe compte environ 500 salariés et a atteint un chiffre d’affaires de 216 millions d’euros en 2024, contre 402 millions d'euros en 2023.

Un redémarrage sous haute vigilance, dans un marché immobilier qui reste, lui, particulièrement tendu.

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