Le début d’un nouveau chapitre pour l’une des entreprises les plus emblématiques de notre territoire ? Peut-être. En tout cas, après trois années de restructuration et près d’un an sous procédure collective, le groupe nantais de promotion immobilière Réalités dévoile son plan de redressement, avec l’objectif de sortir "dans les prochaines semaines" du redressement judiciaire ouvert en février 2025. Le plan est présenté aux créanciers et aux actionnaires, qui seront appelés à se prononcer le 19 janvier 2026.
Basé à Saint-Herblain, le groupe compte 500 salariés et a atteint un chiffre d’affaires de 216 millions d’euros en 2024. Dans son communiqué, l’ETI rappelle avoir connu "pendant 20 ans une croissance annuelle moyenne de + 27 % et environ 10 % d’Ebitda chaque année". Cette trajectoire a été brutalement interrompue en 2023 par "la crise des marchés immobilier et financier (choc des liquidités et du crédit)", qui a gelé les perspectives liées à 119,5 millions d’euros d’investissements engagés depuis 2020.
Un groupe "allégé" et un modèle économique simplifié
Selon Réalités, les trois dernières années ont été consacrées à une profonde adaptation à "un secteur immobilier en pleine mutation". Le groupe affirme disposer aujourd’hui "d’une structure allégée et d’un modèle économique simplifié soutenant sa pérennité pour les années à venir". Rappelons ici que l’entreprise a compté jusqu’à 1 100 salariés, et qu’elle en compte aujourd’hui 600 de moins.
Dans le détail, le plan de redressement repose sur un remboursement progressif des créances sur dix ans, combiné à des conversions de créances en capital. Ces conversions entraîneront une "très forte dilution du capital pour les actionnaires actuels", dont la participation serait "inférieure à 1 %".
L’enjeu du vote est explicité : "Finaliser les chantiers, pérenniser l’activité de promotion et préserver les 500 emplois, avec le soutien des créanciers et partenaires du groupe". Par ailleurs, l’entreprise souhaite lancer la "création d’un nouveau réseau de commercialisation avec la société ISIA".
Décisions "difficiles" et cost-killing
Yoann Choin-Joubert, président-directeur général et fondateur de Réalités, souligne les choix opérés récemment. "En 2024, dit-il, nous avons pris les décisions difficiles qui s’imposaient pour simplifier et optimiser le groupe dans un contexte de marché difficile : point mort divisé par 5, abandon des opérations non rentables, vaste opération de cost-killing, et cessions d’actifs non stratégiques." Il ajoute : "Sous réserve du soutien de ses partenaires et créanciers, Réalités se tient prêt à écrire une nouvelle page de son histoire avec une équipe engagée dans un marché de niche plus sélectif."
En 2025, le groupe indique poursuivre "ses efforts de protection de la trésorerie et de reprofilage", tout en rappelant que "l’immobilier nécessite toujours un temps long dans les choix stratégiques et leurs résultats ".
Trois axes structurants
Le plan de continuation s’articule autour de trois axes. Le premier ? La rationalisation, avec la "cession des activités non stratégiques" et un recentrage sur la promotion immobilière. Le second est le désendettement, via la restructuration du bilan, les conversions de créances en capital et le rééchelonnement de la dette sur dix ans. Enfin, le troisième repose sur la stabilisation, avec une organisation simplifiée autour de l’actuel comité exécutif et une équipe qui "a tiré les leçons de la crise".
Le groupe se recentre sur "l’achèvement des chantiers en cours", notamment grâce à la co-promotion sur plus de 50 projets, et adopte un nouveau mix produit "70 % B2B et 30 % B2C", avec un positionnement prix annoncé comme "très compétitif".
Une gouvernance resserrée et un calendrier précis
La gouvernance est stabilisée autour de Yoann Choin-Joubert, Nicolas Bany (DG Promotion), Bertrand Malbet (DGA) et Marie Ollivaud (secrétaire générale). Le plan prévoit également la transformation de Réalités SA en Société en commandite par actions, afin de "stabiliser le management dans le redressement du groupe".
Le vote électronique des créanciers se tiendra du 12 au 19 janvier 2026, avant des audiences d’arrêté des plans début février et des jugements attendus à la mi-février.