Dans son plan stratégique "Ambition 2025", le groupe nantais Réalités (1 100 salariés, 402 M€ de CA en 2023), spécialisé dans la promotion immobilière et le développement territorial, visait un chiffre d’affaires annuel de 800 millions d’euros. Cette trajectoire, engagée en 2021, a été tenue jusqu’en 2022 où elle a été percutée de plein fouet par la crise de l’immobilier.
Pour atteindre cet objectif, Réalités devait développer un portefeuille de projets de 3,2 à 4 milliards d’euros sur les cinq prochaines années. Avec la politique de resserrement monétaire de la BCE, la hausse des taux d’intérêt de 4,5 points, la diminution de 35 milliards d’euros des crédits immobiliers, l’effondrement des marchés résidentiel (- 45 % en volume) et tertiaire (- 80 %) et la baisse des prix de l’immobilier, ces objectifs n’étaient plus soutenables. Le groupe a vu ses résultats se dégrader fortement au premier semestre 2024, avec un chiffre d’affaires tombé à 121,4 millions d’euros et un résultat net négatif atteignant 86 millions d’euros.
"Un exercice de purge en 2024"
"Pour rebondir, nous devons assumer un exercice 2024 de purge et engager une sévère restructuration financière, sous peine d’obérer notre rebond en 2025", annonce Yoann Choin-Joubert, président de Réalités. Cette restructuration passe par une réduction de la masse salariale via un PSE qui devrait concerner une centaine de salariés. En y ajoutant les départs volontaires, l’arrêt des embauches d’alternants, les effectifs du cœur de métier de Réalités devraient se réduire plus drastiquement, en passant de 502 salariés en 2023, à 334 en septembre 2024 et autour de 215 en 2025. Sur douze mois, le groupe a également abandonné 70 opérations. "Ce qui signifie l’abandon de deux ans de travail et des pertes financières associées", souligne le dirigeant. Dans le cadre de la restructuration de la dette, une procédure de conciliation a été ouverte auprès du tribunal de commerce de Nantes et Réalités a cessé d’investir dans les activités à impact et non profitables.
Cessions d’actifs
Le groupe accélère également les cessions d’actifs. Cette démarche participe d’une volonté de se recentrer sur son cœur de métier, la promotion immobilière, de renforcer sa trésorerie disponible et de financer sa croissance par capitaux propres plutôt que par la dette. "Dans ce contexte, Heurus est le seul usage que nous souhaitons conserver dans le nouveau périmètre de Réalités. Ce concept de résidences seniors que nous avons incubé fait sens et bénéficie d’un taux d’occupation élevé", indique Yoann Choin-Joubert.
La filiale LWS Hospitality est en cours de reprise par ses managers, la cession de Midi et Demi est attendue en 2025 et celle d’Up2Play est lancée. Mayers a engagé une procédure de redressement judiciaire. Réalités a réduit sa participation dans Minido et se questionne sur le modèle de Vista Santé qui reste déficitaire.
"Nous avons également mandaté une banque d’affaires pour rechercher des investisseurs. Il nous faut absolument rebondir, car nous sentons que le marché repart", avance Yoann Choin-Joubert.