Les Transports Montaville accompagnent la transition énergétique de Volena : les produits du groupe volailler transiteront de plus en plus grâce à du carburant végétal. Des camions roulant pour le groupe agroalimentaire dans l’Ouest seront alimentés à l’Oleo 100, un carburant alternatif au diesel de type B100 à base de colza.
30 camions d’ici fin 2026
D’ici la fin de l’année 2026, ce sont 15 véhicules de la flotte de Volena qui rouleront exclusivement au B100 ainsi que 15 véhicules exploités par Transports Montaville (16,30 M€ de CA 2025, 145 salariés). Le transporteur sarthois a déjà converti 14 de ses camions.
1 000 tonnes de CO2 évités en 2025
L’entreprise de Sillé-le-Guillaume, spécialisée dans le transport de marchandises sous température dirigée, a engagé ce partenariat en 2025 avec la filiale du groupe agroalimentaire sarthois LDC. La phase de test initiée en octobre leur a permis de réduire de 1 000 tonnes les émissions de CO2 en 2025. Ils ont donc décidé de passer la vitesse supérieure.
Une gestion circulaire entre les sites du groupe
Le déploiement en 2026 de 30 camions en B 100 concerne les flux intersites de l’industriel dans le Grand Ouest. Cela signifie des navettes circulaires entre sites de production et logistique, des flux réguliers, maîtrisés et ravitaillés de manière centralisée. "Sur des flux structurés, nous pouvons réduire immédiatement notre empreinte carbone sans immobiliser les véhicules ni modifier l’exploitation", commente Julien Leroyer, responsable du parc roulant de Volena.
Volena possède douze sites de production dans six départements de la Normandie, des Pays de la Loire et du Centre, et un site logistique en Mayenne. La filiale de LDC (environ 950 M€ de CA sur les 6,3 Md€ du groupe en 2024-2025) gère les sociétés de volailles Rémi Ramon, SNV, Socadis, Luché Tradition et Ronsard et emploie 4 300 salariés.
Une transition facile pour décarboner vite
Le passage au B100 ne nécessite aucune modification sur les moteurs des véhicules de plus de 3,5 tonnes aux normes Euro I à Euro 5. Pour les moteurs plus récents, en Euro VI, le rétrofit peut être pris en charge par le fournisseur de carburant dans le cadre d’un contrat d’approvisionnement. Seule reste à la charge des clients l’installation sur leurs sites de cuves à carburant.
"Ce type de projet démontre qu’il est possible de décarboner immédiatement des flux routiers organisés, sans rupture d’activité ni investissement lourd", vante le responsable Grands Comptes Ouest d’Oleo 100, Xavier Boirot. Oleo 100 est la marque de carburant à base de graines de colza de la société Saipol, filiale du groupe Avril (8 400 salariés, 7,7 Md€ de CA). Sa formulation permettrait de réduire de 60 % les émissions de CO2 par rapport à un carburant diesel fossile, et jusqu’à 80 % les émissions de particules fines.
Au cœur des débats…
Ce projet est une réponse au débat sur la fin du diesel en France, prévue à partir de 2035. Les députés avaient par ailleurs bloqué une hausse fiscale sur le B100 dans le cadre du projet de Loi de Finances 2026. La Fédération des transporteurs (FNTR) constate de son côté que la transition vers des moteurs électriques est freinée par les coûts des véhicules électriques et des installations de recharge que cela impose. D’autant plus dans un contexte économique au ralenti, qui touche en premier lieu les transporteurs.
La géopolitique modifie cependant les paramètres. Le conflit qui s’ouvre en Iran a fait grimper les prix du gasoil et provoqué un report de la demande sur les "biocarburants", en grande partie produits localement. Les prix à la pompe pourraient donc continuer d’évoluer dans les semaines et moins à venir.