Le fabricant de protéines d’insectes Innovafeed ouvre un nouveau chapitre de son développement. L’entreprise, dont le siège et le principal site de production sont implantés à Nesle, dans la Somme, annonce une levée de fonds de 51 millions d’euros destinée à soutenir son déploiement commercial et l’optimisation de son outil industriel.
La jeune pousse n’en est pas à son premier tour de table. Elle a levé 250 millions d’euros en 2022, au service de la R & D et de son industrialisation, après une levée de 140 millions d’euros en 2020, au moment du démarrage de la production à Nesle. Cette nouvelle opération porte à plus de 500 millions d’euros les sommes levées par la start-up depuis son lancement, en 2016.
Une usine à pleine capacité
Dix ans après sa création, la société estime avoir franchi avec succès le cap de l’industrialisation. Son usine de Nesle, présentée comme la plus grande au monde dans son secteur, est décrite dans un communiqué comme "pleinement opérationnelle". Depuis 2022, plus de 15 000 tonnes de protéines et d’huile issues de la mouche soldat noire (Hermetia illucens) y ont été produites. Sur la période, les volumes ont été multipliés par dix tandis que les coûts de production ont été divisés par sept, selon l’entreprise.
Innovafeed revendique également une forte dynamique commerciale. Son chiffre d’affaires aurait doublé chaque année depuis sa précédente levée de fonds, porté notamment par le développement de sa gamme de produits destinée à l’aquaculture, au pet food et à l’agriculture. En 2024, il atteignait 5,11 millions d’euros. La société affichait toutefois une perte nette de 35,6 millions d’euros, reflet des investissements engagés ces dernières années.
Recentrage sur la production
En parallèle de ce développement, l’entreprise se réorganise "en réduisant les activités de R & D zootechniques et industrielles, tout en continuant à investir au côté de nos clients dans la démonstration des fonctionnalités et de la performance de nos produits", commente Clément Ray, CEO et cofondateur d’Innovafeed. Ces activités de R & D sont situés sur le site historique de Gouzeaucourt, dans le Nord, dont une partie sera transférée à Nesle. Un projet de suppression d’environ 60 postes est envisagé, les deux tiers concernant le site nordiste.
Les fonds levés et la réorganisation doivent permettre à l’entreprise de concentrer ses investissements sur le développement commercial, l’élargissement de ses gammes de produits et l’amélioration des performances de production. L’opération a été soutenue par plusieurs actionnaires historiques, parmi lesquels Creadev, Temasek, ADM ou encore QIA.