Deux ans après une première levée de 23 millions destinée à construire son usine de Saint-Maximin (Oise), la jeune pousse NeoCem poursuit son changement d’échelle. La filiale du bureau d’études Neo-Eco (140 salariés, 8 M€ de CA), basée à Hallennes-lez-Haubourdin (Nord), annonce une nouvelle levée de fonds de 17 millions d’euros menée par Crédit Mutuel Impact, pour accélérer l’industrialisation de son liant, destiné à produire un ciment plus vert.
NeoCem recycle plus précisément les argiles issues des chantiers de construction, un déchet jusque-là peu valorisé, pour en faire un liant bas carbone, baptisé NeoFlash. Ce matériau se substitue en partie au clinker, le composant du ciment dont la fabrication est la plus émettrice de CO₂.
Une nouvelle étape
En 2024, NeoCem avait réuni 23 millions d’euros afin de financer la construction de sa première unité industrielle à Saint-Maximin, dans l’Oise. Un projet alors évalué à près de 50 millions d’euros, soutenu notamment par le programme France 2030, avec l’ambition de faire émerger une nouvelle filière de valorisation des argiles issues des chantiers.
La jeune entreprise annonce avoir bouclé une nouvelle levée de fonds de 17 millions d’euros, menée par Crédit Mutuel Impact avec le soutien de ses investisseurs historiques et de l’Innovation Fund de l’Union européenne. Cette levée de fonds financera une seconde ligne de production et la montée en cadence du site.
Réduire fortement les émissions
L’enjeu est considérable. D’après l’entreprise, la fabrication du béton représente 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dont 90 % proviennent du ciment, lui-même composé en moyenne de 77 % de clinker. Selon NeoCem, son procédé ramène les émissions à 95 kg de CO₂ par tonne de liant, contre plus de 820 kg pour un ciment traditionnel.
Changement d’échelle industriel
Grâce à cette nouvelle levée de fonds, NeoCem prévoit de porter la capacité de son usine de Saint-Maximin à 200 000 tonnes de NeoFlash par an et de recycler 300 000 tonnes d’argiles issues des chantiers. Ce site emploie pour le moment une douzaine de salariés, mais près de 25 recrutements sont prévus.
L’entreprise poursuit la trajectoire présentée lors de son premier tour de table, qui visait à faire de ce premier site une vitrine industrielle avant de répliquer le modèle ailleurs en France. "Avec une production mondiale de ciment appelée à croître de 12 à 23 % d’ici 2050, il est essentiel d’accompagner l’évolution vers des solutions moins émissives", indique Christophe Deboffe, fondateur de NeoCem.
Pour Nadia Bouzigues, directrice générale de Crédit Mutuel Impact, citée par l’entreprise, NeoCem propose une "solution décarbonante et compétitive" dont "l’offre est disponible immédiatement et intéresse déjà de grands noms de la construction". Un soutien qui doit permettre à la PME nordiste d’accélérer à la fois ses capacités industrielles et son développement commercial, sur un marché où les besoins de décarbonation du béton ne cessent de croître.