Les Hauts-de-France continuent de peser lourd dans l'économie française. La région se positionne au quatrième rang dans le classement économique relayé ce 28 août 2026 par le Courrier Picard. Une position qui s'appuie notamment sur la puissance de son appareil productif, son importante population et sa situation géographique au cœur des échanges entre la France et l'Europe du Nord.
L'industrie reste l'un des piliers de cette économie régionale. Automobile, ferroviaire, agroalimentaire, métallurgie, verre ou encore chimie composent un tissu productif dense, hérité de l'histoire industrielle du Nord et de la Picardie mais aujourd'hui engagé dans une profonde transformation.
De l'industrie historique aux nouvelles filières
Les Hauts-de-France ont en effet engagé ces dernières années une mutation vers des activités industrielles liées à la décarbonation et à la mobilité électrique. Le développement de la filière batterie dans le Nord et le Pas-de-Calais, les investissements autour de Dunkerque ou encore la transformation de l'industrie automobile participent à cette nouvelle dynamique.
L'automobile reste notamment un secteur stratégique. Les Hauts-de-France concentrent des usines d'assemblage, des équipementiers, des fonderies et de nombreux sous-traitants. Le Dunkerquois occupe désormais une place centrale dans la transformation de cette filière vers l'électrique, un enjeu également souligné au début de l'année à l'Assemblée nationale.
À cette base industrielle s'ajoutent la logistique et le commerce. La position de la région, entre l'Île-de-France, la Belgique, le Royaume-Uni et les grands ports du nord de l'Europe, lui procure un avantage important pour les activités de transport et de distribution.
Le commerce représente lui aussi un important réservoir d'emplois. Selon les données de l'Opcommerce relayées en juillet 2026, les Hauts-de-France comptent 7 577 entreprises relevant des branches suivies par l'organisme et près de 149 600 salariés. En 2025, 11 590 contrats d'alternance y ont été signés dans le commerce, soit 11 % du total français et la deuxième position nationale derrière l'Île-de-France.
Une puissance économique confrontée à des fragilités
Le poids de l'économie régionale ne doit toutefois pas masquer ses difficultés. Le marché du travail reste plus fragile que dans de nombreuses autres régions françaises et certains territoires demeurent particulièrement exposés aux restructurations industrielles.
Les défaillances d'entreprises illustrent également ces contrastes. À fin septembre 2025, leur nombre progressait de 1,5 % sur un an dans les Hauts-de-France. Les évolutions étaient cependant très différentes d'un département à l'autre : +10,9 % dans l'Aisne et +10,4 % dans la Somme, contre un recul de 6,8 % dans l'Oise et de 0,7 % dans le Nord.
Les services, le commerce et la construction concentraient alors l'essentiel des difficultés, représentant respectivement 33 %, 23 % et 20 % des défaillances recensées sur douze mois.
Une autre étude publiée cette semaine par l'association GSC et Altares confirme ces tensions. Au premier semestre 2026, 2 543 chefs d'entreprise ont perdu leur emploi dans les Hauts-de-France, soit une augmentation de 11 %, la plus forte progression régionale relevée par l'Observatoire. L'industrie régionale apparaît particulièrement touchée, avec une hausse de 32,8 % des pertes d'emploi de dirigeants.
Un territoire au cœur de la réindustrialisation
Face à ces fragilités, les Hauts-de-France cherchent à renforcer leur position industrielle en attirant de nouveaux investissements et en accompagnant la modernisation des sites existants. Batteries, automobile électrique, décarbonation de l'industrie, énergie ou économie circulaire sont devenus des axes majeurs de cette transformation.
Cette mutation est particulièrement visible autour de Dunkerque et dans l'ancien bassin minier, tandis que la métropole lilloise conserve un rôle moteur dans les activités tertiaires, le commerce et les services.
La quatrième place mise en avant dans le classement relayé par le Courrier Picard traduit ainsi une réalité contrastée : les Hauts-de-France disposent toujours d'une puissance économique et industrielle majeure, mais doivent simultanément réussir leur réindustrialisation et répondre aux difficultés persistantes de l'emploi et des entreprises.