Hauts-de-France
Les Hauts-de-France confortent leur place parmi les principales économies régionales françaises
Hauts-de-France # Industrie # Économie

Les Hauts-de-France confortent leur place parmi les principales économies régionales françaises

Les Hauts-de-France confirment leur poids dans l'économie française en se positionnant comme la quatrième région exportatrice du pays, avec près de 70 milliards d'euros de marchandises exportées, selon la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) régionale. Une performance portée par un tissu productif où l'industrie conserve une place déterminante.

— Photo : Foselev

La région Hauts-de-France continue de peser lourd dans l'économie française. Elle se positionne au quatrième rang des régions exportatrices du pays, selon une étude de la CCI locale publiée en août 2026. Une position qui s'appuie notamment sur les statistiques des douanes et qui met en avant la puissance de son appareil productif, son importante population et sa situation géographique au cœur des échanges entre la France et l'Europe du Nord.

Avec un volume d'exportations de l'ordre de 70 milliards d'euros, la région reste par ailleurs la première de France pour les exportations agroalimentaires, et réalise l'essentiel de ses échanges, plus de 80 %, avec ses voisins de l'Union européenne, au premier rang desquels la Belgique, l'Allemagne et le Royaume-Uni.

L'industrie reste l'un des piliers de cette économie régionale. Automobile, ferroviaire, agroalimentaire, métallurgie, verre ou encore chimie composent un tissu productif dense, hérité de l'histoire industrielle du Nord et de la Picardie mais aujourd'hui engagé dans une profonde transformation.

De l'industrie historique aux nouvelles filières

Les Hauts-de-France ont en effet engagé ces dernières années une mutation vers des activités industrielles liées à la décarbonation et à la mobilité électrique. Le développement de la filière batterie dans le Nord et le Pas-de-Calais, les investissements autour de Dunkerque ou encore la transformation de l'industrie automobile participent à cette nouvelle dynamique. Cinq gigafactories sont désormais implantées ou en construction dans la région (Verkor et ProLogium à Dunkerque, ACC à Douvrin, Envision AESC à Douai et Tiamat près d'Amiens), pour un investissement cumulé avoisinant les 8,5 milliards d'euros et une ambition de production de 64 GWh à l'horizon 2030. Verkor a inauguré sa giga-usine de Bourbourg en décembre 2025, avec une capacité initiale de 16 GWh par an.

L'automobile reste notamment un secteur stratégique. Les Hauts-de-France concentrent des usines d'assemblage, des équipementiers, des fonderies et de nombreux sous-traitants. Le Dunkerquois occupe désormais une place centrale dans la transformation de cette filière vers l'électrique, un enjeu également souligné au début de l'année à l'Assemblée nationale. La région est ainsi devenue, selon l'Insee, la quatrième de France pour l'emploi salarié dans la filière automobile. Le pôle Renault ElectriCity, qui réunit les usines de Douai, Maubeuge et Ruitz, emploie plus de 5 000 salariés et prévoit encore 300 recrutements en CDI en 2026, porté par le succès de modèles comme la Renault 5 E-Tech ou la Mégane E-Tech.

À cette base industrielle s'ajoutent la logistique et le commerce. La position de la région, entre l'Île-de-France, la Belgique, le Royaume-Uni et les grands ports du nord de l'Europe, lui procure un avantage important pour les activités de transport et de distribution.

Le commerce représente lui aussi un important réservoir d'emplois. Selon les données de l'Opcommerce relayées en juillet 2026, les Hauts-de-France comptent 7 577 entreprises relevant des branches suivies par l'organisme et près de 149 600 salariés. En 2025, 11 590 contrats d'alternance y ont été signés dans le commerce, soit 11 % du total français et la deuxième position nationale derrière l'Île-de-France.

Une puissance économique confrontée à des fragilités

Le poids de l'économie régionale ne doit toutefois pas masquer ses difficultés. Le marché du travail reste plus fragile que dans de nombreuses autres régions françaises et certains territoires demeurent particulièrement exposés aux restructurations industrielles. Une étude de l'Insee publiée le 25 août 2026 souligne qu'un jeune sur cinq dans la région n'est ni en emploi, ni en études, ni en formation, soit le taux le plus élevé de France métropolitaine. Autre signal de cette fragilité : environ 200 000 salariés du secteur privé y perçoivent un bas salaire, selon l'institut.

Les défaillances d'entreprises illustrent également ces contrastes. À fin septembre 2025, leur nombre progressait de 1,5 % sur un an dans les Hauts-de-France. Les évolutions étaient cependant très différentes d'un département à l'autre : +10,9 % dans l'Aisne et +10,4 % dans la Somme, contre un recul de 6,8 % dans l'Oise et de 0,7 % dans le Nord.

Les services, le commerce et la construction concentraient alors l'essentiel des difficultés, représentant respectivement 33 %, 23 % et 20 % des défaillances recensées sur douze mois.

Une autre étude publiée fin août par l'association GSC et Altares confirme ces tensions. Au premier semestre 2026, 2 543 chefs d'entreprise ont perdu leur emploi dans les Hauts-de-France, soit une augmentation de 11 %, la plus forte progression régionale relevée par l'Observatoire, devant la Nouvelle-Aquitaine et la Bourgogne-Franche-Comté (+9,6 % chacune). L'industrie régionale apparaît particulièrement touchée, avec une hausse de 32,8 % des pertes d'emploi de dirigeants. Au niveau national, cette même étude recense plus de 33 000 dirigeants ayant perdu leur emploi sur la période, entraînant dans leur sillage environ 80 000 pertes d'emplois salariés, selon Altares.

Un territoire au cœur de la réindustrialisation

Face à ces fragilités, les Hauts-de-France cherchent à renforcer leur position industrielle en attirant de nouveaux investissements et en accompagnant la modernisation des sites existants. Batteries, automobile électrique, décarbonation de l'industrie, énergie ou économie circulaire sont devenus des axes majeurs de cette transformation.

Cette mutation est particulièrement visible autour de Dunkerque et dans l'ancien bassin minier, tandis que la métropole lilloise conserve un rôle moteur dans les activités tertiaires, le commerce et les services.

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