Le groupe LDC a longtemps été présenté comme le premier volailler de France. Depuis le rachat en 2025 du Groupe Pierre Martinet, il est également devenu leader du rayon traiteur. Le fleuron industriel sarthois est aujourd’hui un géant agroalimentaire en Europe, avec plus de 120 sites de production et plus de 29 000 collaborateurs. Et les ventes de poulet ne connaissent pas la crise. LDC (marques Le Gaulois, Maître Coq, Loué, etc.) prévoit 7,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur l’exercice 2026-2027 et vise les 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2030 ; la moitié générée par la production et la vente de volailles en France, un tiers provenant des activités à l’international.
Une croissance plus rapide que prévu
Le groupe basé à Sablé-sur-Sarthe affiche de belles perspectives. D’autant qu’il a atteint avec un an d’avance les objectifs de son dernier plan quinquennal 2022-2027. LDC voulait franchir la barre des 7 milliards d’euros de chiffres d’affaires à l’issue de son exercice 2026-2027 ; le groupe a finalement frôlé les 7,3 milliards de chiffres d’affaires (7,283 Md€) sur son dernier exercice, dont les résultats ont été présentés le 27 mai 2026. C’est cinq fois plus que dix ans auparavant.
La rentabilité améliorée
Cette croissance s’accompagne d’une progression de la rentabilité de chacun des pôles du groupe (amont, volailles, traiteur, international). En 2025-2026, l’Ebitda en hausse (près de 720 M€) représente 9,9 % du chiffre d’affaires du groupe. Le résultat net du groupe s’élève à 321,5 millions d’euros (contre 243,6 M€ en 2024-2025). En prenant compte des deux dernières opérations de croissance externe (Groupe Pierre Martinet et l’anglais Green Label), le groupe clôture avec une trésorerie nette de 178,7 millions d’euros.
Hausse des montants d’investissements
Ce bilan permet de dessiner un an plus tôt une nouvelle stratégie à cinq ans. Dès l’exercice en cours, l’enveloppe d’investissements annuelle est revue à la hausse par rapport à 2025-2026 (347 M€), à hauteur de 417 millions d’euros. "Dont 350 millions d’euros consacrés aux usines françaises pendant quatre ans, insiste Philippe Gélin, le président du groupe. Mais ce qui est important, ce ne sont pas les montants, c’est surtout le fait que nous ayons la capacité de financer de tels investissements."
Un quart de capacités de production en plus
Deux projets majeurs concernent la restructuration de l’usine de La Chapelle-d’Andaine (Orne) et la création d’un futur abattoir envisagé en 2028 dans le Finistère pour la nouvelle filiale France Poultry. "En 2029, nous aurons une capacité de production de 10 millions de volailles à la semaine. Soit 2,5 millions de plus qu’actuellement", précise Philippe Gélin.
Ces volumes sont une question de souveraineté alimentaire, selon son groupe, dont l’ambition est de contrer les importations de volailles dans les pays où LDC produit. En France, LDC entend conforter sa place de numéro un de la volaille avec "une croissance cumulée de plus de 20 % par an sur les cinq prochaines années".
Des efforts supplémentaires vers l’amont
LDC annonce en parallèle intensifier l’accompagnement de la filière élevage. Le groupe sarthois veut soutenir la construction de plus de 600 bâtiments, 500 poulaillers et 130 espaces pour les poules pondeuses. "Les efforts de soutien de la filière seront poursuivis avec 60 millions d’euros de revalorisations supplémentaires portant à 150 millions le montant total engagé par le pôle Volaille en faveur des maillons de la filière avicole et notamment des éleveurs", annonce le groupe.
Ça roule pour l’œuf
Au-delà de la dynamique positive des ventes de poulet du quotidien, complétées par celles d’une quinzaine d’autres types de volailles, la commercialisation des œufs se porte également bien. "C’est la protéine animale la moins chère. Et je pense que la demande élevée est une tendance structurelle", voit Philippe Gélin. Les activités œufs devraient générer 500 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé en 2030-2031.
Vers des produits élaborés autour des œufs
Le président de LDC confie d’ailleurs que son groupe travaille actuellement sur de nouveaux gains de valeur sur ce segment. "Nous voulons développer un produit élaboré innovant autour de l’œuf. C’est quelque chose qui n’existe pas encore en grandes et moyennes surfaces. Nous nous focalisons d’abord sur le marché français, avec un produit à longue conservation", indique Philippe Gélin.
Optimisation des activités Traiteur
Les activités Traiteur devraient d’ici cinq ans représenter 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires du groupe sarthois. Renforcement des marques et innovations de rupture sont au menu. Après l’intégration du Groupe Pierre Martinet et ses cinq usines, "nous allons travailler sur la massification des achats, mettre en route une nouvelle logistique et harmoniser le système informatique d’ici fin 2027", explique Philippe Gélin. Des gains de performance seront ainsi gagnés. LDC veut également renforcer ses positions aux rayons des pâtes fraîches (Marie).
Doubler ses activités en Europe
Le groupe sarthois compte également porter ses ambitions hors des frontières. Sur le dernier exercice (avec 1,39 Md€ de CA), son pôle International a déjà enregistré une progression de 47,2 % en valeur et 25 % en volumes. LDC veut doubler ses activités à l’international en cinq ans, pour générer 3 milliards d’euros (sur les 10 Md€ prévus).
"Notre priorité est de continuer à nous développer en croissance organique et par de la croissance externe, dans les pays où nous sommes déjà présents"
Implanté dans six pays — l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la Belgique, la Roumanie et le Royaume-Uni, LDC souhaite en priorité consolider ses marchés.
"Notre priorité est de continuer à nous développer en croissance organique et par de la croissance externe, dans les pays où nous sommes déjà présents, explique Philippe Gélin. Avec la taille qu’a LDC aujourd’hui, il y a toujours un dossier de rachat qui arrive sur la table. Mais nous préférons nous appuyer sur les équipes support en place, leur connaissance du marché et de la langue des pays où nous sommes déjà."
La Pologne, marché fort
En Pologne, son principal marché en dehors de la France, LDC va continuer de se développer après les rachats de sociétés Konspol et Indykpol. Ses capacités d’abattage ont été augmentées. Si ses outils sont saturés pour les poulets standards, il en reste en revanche des volumes à aller chercher en volailles de qualité. "En novembre 2026, un nouveau couvoir nous permettra de mettre en production 2 millions de poussins par semaine", indique Philippe Gélin.