Entreprise de commerce équitable spécialisée dans la distribution de produits cosmétiques et décoratifs depuis 1995, Tadé Pays du Levant a bâti sa notoriété sur le savon d'Alep. Elle a aussi toujours revendiqué un côté «plaisir accessible». Un positionnement poursuivi en 2009 et qui pourrait bien lui permettre de passer la crise plus facilement que d'autres.
De nouvelles senteurs
Mais l'entreprise, basée à Signes, a aussi une autre corde à son arc: une nouvelle ligne de produits, qu'elle a d'ores et déjà testée lors du salon Maison et objet qui s'est tenu à Paris du 23 au 27janvier dernier. «Aujourd'hui, nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la vie de l'entreprise. Nos produits implantés et la segmentation du marché régulée, nous axons désormais notre développement sur la mise au point de nouvelles senteurs, de nouvelles formes. Nous laissons notre imagination galoper pour continuer à surprendre notre clientèle», explique Véronique Christophe, responsable marketing. Et le pari est déjà en partie réussi puisque les premiers retours de nos distributeurs ont été très positifs lors du salon. Alors, quelles sont ces nouveautés? «Tout en restant dans notre coeur de métier, nous avons mis au point, après trois années de développement, une gamme de savons d'Alep qui sentent bons et qui soient beaux», confie Véronique Christophe. Toujours dans l'idée de développer de nouvelles senteurs, Tadé a également sorti des sels de bains et des eaux florales. L'entreprise, implantée sur le plateau de Signes, écrit ainsi une nouvelle page de son histoire. Cette histoire, elle a commencé en 1995 lorsque Thaddée de Slizewicz a été le premier en France à importer du savon d'Alep et à le revendre sous la marque "Pain d'Alep". Mais il lui faudra attendre 1998 pour que sa société prenne réellement son envol: «Notre première participation au salon Maison et objet, grâce à un stand particulièrement travaillé et attractif, a été pour nous un véritable tremplin. Depuis nous y sommes chaque année!», explique Thaddée de Slizewicz. Mais le succès, ça s'entretient: le dirigeant met donc au point un packaging à la fois esthétique et pédagogique, segmente le marché et investit plus récemment dans la mise en place d'une réelle démarche commerciale. Depuis 2000, l'entreprise connaît ainsi une croissance soutenue, entre 20 et 25% chaque année et se développe à l'international pour réaliser aujourd'hui 50% de son CA à l'export.
Deux marques, deux cibles
Un tel développement n'a pu se faire sans une diversification de l'offre et des cibles. «En nous inspirant des rituels du hammam et de ce que l'on pouvait trouver dans les souks syriens, notre offre de produits s'est en effet progressivement enrichiepour finalement devenir une offre globale autour du bain, composée de produits cosmétiques, mais aussi d'accessoires», raconte Thaddée de Slizewicz. Et l'entreprise, d'abord positionnée sur le marché du savon de luxe avec la marque Tadé, s'est aussi ouverte à une autre clientèle. «En 2002, nous avons voulu revenir aux standards de notre réussite. Pour ne pas nuire à notre marque très qualitative, nous avons donc choisi de segmenter le marché et de créer une gamme étiquetée Aleppo Soap, sous laquelle nous commercialisons désormais plusieurs produits cosmétiques, que nous avons voulus plus accessibles».
Malgré le pessimisme ambiant, l'entreprise Tadé Pays du Levant a fait le pari de la nouveauté. Son assurance? Une clientèle largement conquise à sa vision du commerce et à ses produits 100% naturels, mêlant qualité et créativité.