Titulaire d'un doctorat en biologie moléculaire marine et d'un DESS en exploitation des ressources vivantes côtières, Stéphanie Pierre a toujours fait de la recherche dans la perspective d'une application industrielle. En 2009, avec le soutien de l'université du Sud Toulon Var, elle est ainsi petit à petit passée du statut de "souris de laboratoire" à celui de P-dg d'entreprise pour participer à l'émergence d'une aquaculture durable.
Un projet écologique et durable
Entré en incubation au sein de l'incubateur Paca-Est en avril2011, récemment lauréat du concours du ministère de la recherche dans la catégorie émergence, son projet sort de l'ombre et s'appuie désormais sur une structure juridique baptisée AquaBioMass. «Aujourd'hui, le développement de l'aquaculture est devenu une nécessité, mais pas à n'importe quel prix. Il est en effet primordial d'un point de vue écologique, économique et sociétal de remplacer l'alimentation à base de farines de poissons par d'autres farines pour réduire la pression de pêche sur des espèces dites de fourrage.» Fervente militante d'une aquaculture durable, Stéphanie Pierre a orienté ses recherches vers le développement d'une solution basée sur la production de micro-algues et microcrustacés, «qui permettent de garantir les mêmes avantages nutritionnels que les farines de poissons actuelles.» Pour avancer dans ses recherches, elle s'appuie sur l'Ifremer et l'Agricampus de Hyères et teste aujourd'hui la faisabilité technique de ses produits avec le concours de l'entreprise Tamaris Sud fish.
Du labo à la concrétisation
Très récemment, elle a aussi séduit la communauté de communes du Val D'Issole puisque la commune de Méounes accueillera le site de production d'AquaBioMass. «Nous allons rapidement commencer les travaux pour une mise en production prévue au début du printemps 2012.» Si toutes ses recherches ne sont pas encore terminées - les produits d'aquaculture sont en phase de test pour encore une année - les premières cultures serviront à d'autres applications, d'ores et déjà validées: fabrication d'engrais verts, de compléments alimentaires pour les animaux et les humains et l'aquariophilie.
Perspectives
Ces premiers débouchés permettront à Stéphanie Pierre de dégager ses premiers revenus fin 2012. Quant aux produits d'alimentation destinés à l'aquaculture, ils devraient être commercialisés d'ici à deux ans. «Ces produits auront un coût mais j'espère qu'un label aquaculture durable sera prochainement créé pour permettre aux consommateurs de se retrouver et de faire le meilleur choix.»
AquaBioMass
P-dg: Stéphanie Pierre @email