Alcea est en charge depuis 2012 du centre de traitement et de valorisation des déchets (CTVD) de la Prairie de Mauves à Nantes. Après deux ans de consultation, la société se voit reconduite pour vingt ans, à partir du 1er avril 2025. Cette filiale du groupe mayennais Séché Environnement (1,013 Md€ de CA en 2023, 6 100 salariés) reprendra l’exploitation actuelle du site, mais aussi sa refonte. La construction d’un nouveau CTVD augmentera les capacités de 140 000 tonnes de déchets actuellement à 270 000 tonnes d’ici 2031. La performance de l’unité de valorisation énergétique du site sera par ailleurs doublée.
Un programme à 300 millions d’euros
Pour moderniser le site, Séché Environnement va mener un programme d’investissement massif. Le groupe s’engage à conduire des travaux à hauteur de 301 millions d’euros maximum. Les collectivités lui verseront une subvention d’équipement sur les trois premières années (2025-2027). Ce contrat va représenter un montant maximal de 147 millions d’euros, dont 79,6 millions net de taxes pour Nantes Métropole.
Un rôle départemental
Cette délégation de service public couvre la gestion des déchets de 1,5 million d’habitants, dans la métropole de Nantes et dans sept autres collectivités : la communauté de communes du Pays d’Ancenis, Grand Lieu Communauté, Redon Agglomération, Cap Atlantique (Guérande), le syndicat mixte Centre Nord Atlantique (Nozay), le syndicat de traitement départemental Trivalis, et Valor3e, syndicat mixte pour le traitement et la valorisation des déchets de quatre intercommunalités de Loire-Atlantique et de Maine-et-Loire.
Des apports d’autres déchets pourront également être réceptionnés. Ceux-ci participeront au financement de l’installation. Séché Environnement versera alors un droit d’usage correspondant aux tonnages traités.
Le réseau de chaleur renforcé
Séché Environnement n’est pas seulement spécialiste des sites de gestion des déchets et du traitement de déchets dangereux ; le groupe lavallois a également des compétences dans la création de réseau de chaleur.
À Nantes, l’unité de valorisation énergétique pourra fournir deux fois plus d’électricité qu’aujourd’hui. Elle pourra alimenter 25 000 foyers et couvrira 75 % des besoins du réseau de chaleur urbain avec une puissance à terme de 48 MW. En période estivale, l’unité produira du froid avec une puissance garantie de 10 MW.
Séché Environnement indique "s’engager à fournir une puissance délivrée au réseau de chaleur urbain supérieure au cahier des charges pour répondre aux besoins de Nantes Métropole et préparer l’avenir. De plus, il est proposé à Nantes Métropole la possibilité d’acquérir un bandeau d’électricité de 5 MW à un prix fixe, assurant ainsi une gestion économique avantageuse à long terme."
La centrale énergétique fonctionnera à partir des déchets des habitants mais aussi d’une partie des boues issues des stations d’épuration des eaux usées de Nantes Métropole.
Des critères environnementaux mis en avant
Le groupe et la collectivité font également valoir plusieurs critères en réponse aux exigences environnementales qui ont pesé en faveur du dossier de Séché Environnement. Les seuils de rejets atmosphériques seront "très inférieurs à la réglementation, et sur certains paramètres inférieurs aux exigences de Nantes Métropole". La gestion optimisée de la consommation d’eaux pluviales, une politique zéro rejet en station de traitement des eaux usées, une attention portée à l’impact sonore et olfactif du site, et la mise en place d’une politique ambitieuse de préservation de la biodiversité sont d’autres arguments cités.
Des opérateurs spécialisés
Pour la conception et les travaux de refonte du site, Séché Environnement s’appuie sur plusieurs acteurs dont des locaux. Paprec Engineering (ex CNIM, qui avait construit l’usine en 1983) va "apporter des technologies innovantes et 100 % françaises" pour la conception et la construction de la future unité de valorisation des déchets. "Grâce aux technologies innovantes et propriétaires de cette division de Paprec, l’usine sera au plus haut niveau environnemental européen", promet l’autre grand acteur de la gestion des déchets en France.
Le groupe rennais Legendre sera en charge du génie civil, l’agence parisienne AIA Life Designer de la conception architecturale (avec le Francilien AT2E), de la maîtrise d’œuvre et de l’intégration urbaine, et AT & E architectes (autre Francilien) de l’agencement fonctionnel. Deux bureaux d’études spécialisés, les Lyonnais Sepoc et Naldeo, seront respectivement assistant à maître d’ouvrage et assistant à maître d’œuvre et établissement du dossier de demande d’autorisation d’exploiter de l’installation classée.