Renault lance son plan stratégique "futuREady" : 36 nouveaux modèles et une accélération dans l’électrique et l’IA
# Automobile # Stratégie

Renault lance son plan stratégique "futuREady" : 36 nouveaux modèles et une accélération dans l’électrique et l’IA

Le constructeur automobile Renault a dévoilé le 10 mars son nouveau plan stratégique baptisé "futuREady". À horizon 2030, Renault prévoit notamment 36 nouveaux modèles, une forte baisse des coûts des véhicules électriques et un recours accru à l’intelligence artificielle dans ses usines. L’objectif est de s’imposer comme le constructeur européen de référence sur la scène mondiale.

François Provost, au centre, directeur général du groupe Renault, près de 100 000 salariés dans le monde, pour 58 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 — Photo : SARAH AUBEL

Le groupe Renault ouvre un nouveau chapitre de sa transformation. Le constructeur automobile a présenté, le 10 mars, son nouveau plan stratégique baptisé "futuREady". Ce plan est destiné à prolonger la dynamique engagée avec "Renaulution", lancé en 2021 et achevé en 2025. Dans un marché automobile marqué par l’intensification de la concurrence et la montée en puissance des constructeurs chinois, le groupe entend consolider son redressement et renforcer sa compétitivité industrielle.

"Dans un environnement devenu plus compétitif que jamais, nous pouvons nous appuyer sur des fondamentaux solides : nos marques, nos produits et nos résultats financiers", affirme le directeur général de Renault Group, François Provost. "Grâce à futuREady, nous allons prouver qu’un constructeur européen peut durer et devenir la référence automobile européenne sur la scène mondiale."

Une nouvelle offensive produits

La marque Renault a écoulé 1 628 030 véhicules en 2025. Objectif : 2 millions en 2030, avec 36 nouveaux modèles d’ici à 2030 — Photo : Groupe Renault

Le plan stratégique prévoit en particulier le lancement de 36 nouveaux modèles d’ici à 2030, soit 4 de plus que durant le précédent cycle de 4 ans. Parmi les 36 modèles, 22 sont destinés à l’Europe (dont 16 véhicules seront électriques) et 14 modèles seront lancés sur les marchés internationaux hors Europe. Renault continuera à bouder les marchés nord-américains et chinois, affirmant en effet sa volonté de concentrer ses forces, hors Europe, sur l’Amérique du Sud et l’Asie, avec "l’Inde et la Corée du Sud" pour marchés cibles.

La marque Renault vise plus de 2 millions de véhicules vendus par an d’ici à 2030, dont 55 % hors d’Europe. Soit une hausse d’environ 370 000 véhicules, comparé aux ventes de 2025, qui avaient atteint 1 628 030 véhicules.

De son côté, avec près de 700 000 ventes en 2025, Dacia poursuivra sa montée en puissance sur les segments supérieurs tout en conservant son positionnement compétitif. La marque roumaine prévoit notamment d’accélérer l’électrification de sa gamme pour atteindre deux tiers de ses ventes électrifiées d’ici la fin de la décennie, passant de 1 à 4 modèles électriques d’ici à 2030.

Alpine, pour sa part, qui avait atteint 10 970 ventes en 2025, continuera son développement en capitalisant sur le succès des modèles A290 et A390 et en lançant "la prochaine génération de son modèle iconique, la A110".

Au-delà du produit, Renault souhaite également renforcer la relation avec ses clients sur l’ensemble du cycle de vie du véhicule, du financement à l’après-vente. Le groupe vise ainsi un taux de fidélisation client de 80 % sur dix ans et veut figurer dans le Top 3 en matière de satisfaction client.

Réduire fortement le coût des véhicules électriques

Usine du groupe Renault — Photo : Groupe Renault

L’un des axes centraux du nouveau plan stratégique concerne la compétitivité des véhicules électriques, dont Renault veut réduire significativement les coûts afin de rivaliser avec les constructeurs chinois. Renault prévoit de réduire de 40 % les coûts de production des véhicules électriques par rapport à la génération actuelle.

Autre défi : être en mesure de réduire le temps de recharge des véhicules. Une nouvelle plateforme va être mise en place. Elle reposera sur une architecture électrique de 800 volts, permettant des temps de recharge rapide pouvant descendre à dix minutes à l’horizon 2030.

"Nous allons accélérer nos roadmaps technologiques sur toutes les technologies clés", souligne François Provost, évoquant notamment les avancées dans les logiciels embarqués, les nouvelles chimies de batteries ou encore les architectures électroniques des véhicules.

Le groupe prépare notamment une nouvelle plateforme électrique baptisée RGEV Medium 2.0, destinée aux véhicules des segments C (voitures compactes) et D (voitures familiales). Cette architecture, développée principalement en France, pourra accueillir différentes silhouettes, de la berline au SUV, et offrir jusqu’à 750 kilomètres d’autonomie en version électrique.

L’IA au cœur des usines

Renault veut massifier le recours à l’IA d’ici à 2030 — Photo : PRG PHOTOGENIC

Renault entend également renforcer son efficacité industrielle en s’appuyant davantage sur l’intelligence artificielle qu’elle veut "massifier" et sur la robotisation. Elle souligne également son ambition de réduire à deux ans, tout développement de nouveau véhicule.

Le groupe prévoit ainsi de réduire de 30 % le nombre de pièces par véhicule, et souhaite introduire 350 robots humanoïdes dans ses sites de production pour certaines tâches pénibles ou répétitives.

L’utilisation de l’IA doit permettre de diviser par deux les interruptions de production, de réduire de 25 % la consommation d’énergie des usines et de baisser les coûts de production d’environ 20 %. Renault s’appuie également sur son "métaverse industriel", un jumeau numérique permettant de suivre en temps réel l’ensemble des étapes de production dans ses usines.

Le constructeur vise par ailleurs une réduction de 30 % des coûts logistiques, grâce à la digitalisation de sa chaîne d’approvisionnement et à un pilotage en temps réel des flux.

Rentabiliser les plateformes industrielles

Fort de 100 000 salariés et d’un chiffre d’affaires de 58 milliards d’euros, Renault Group veut aussi mieux valoriser ses plateformes et ses capacités industrielles en produisant des véhicules pour d’autres constructeurs. Le groupe prévoit ainsi de fabriquer plus de 300 000 véhicules par an pour cinq partenaires d’ici à 2030, parmi lesquels Nissan, Mitsubishi, Volvo Group, Geely ou encore Ford.

Sur le plan financier, Renault group se fixe pour objectif une marge opérationnelle comprise entre 5 % et 7 % du chiffre d’affaires, ainsi qu’un free cash-flow automobile supérieur ou égal à 1,5 milliard d’euros par an.

Après une année noire en 2020, marquée par près de 8 milliards d’euros de pertes, Renault poursuit le redressement engagé en 2021 avec le plan "Renaulution", qui a permis au groupe de retrouver une trajectoire de croissance de ses ventes et de rentabilité. Désormais, "futuREady" est en route. "Nous savons d’où nous venons et nous savons où nous voulons aller, comment et avec qui", conclut François Provost. "Dans un seul but : servir au mieux nos clients et, in fine, garantir une mobilité propre, accessible et adaptée à leurs besoins."

France Paris # Automobile # Stratégie # International # Transition énergétique # Grandes Entreprises