C’est un hommage à l’ancien patron d’industrie. Renault a rebaptisé son centre d’excellence mondial pour les châssis du nom de son ancien PDG Louis Schweitzer, décédé en novembre 2025. Une cérémonie a eu lieu mardi 7 avril 2026 dans la plus ancienne usine en activité du constructeur automobile. Le site du Mans se nomme désormais la Manufacture Louis Schweitzer — Le Mans.
L’homme qui a donné une autre dimension au groupe
"Nous avons décidé avec François Provost (DG du groupe) qu’il était important qu’un grand site du groupe porte le nom de Louis Schweitzer. Il a changé la dimension de l’entreprise, en inscrivant la recherche de performance économique dans la tradition sociale du groupe. C’était un visionnaire, un homme d’une grande culture et d’une grande courtoisie, avec une vision managériale de haut niveau", a rappelé le président du conseil d’administration du groupe, Jean-Dominique Senard.
D’autres usines portent la marque d’anciens PDG
Sous la présidence Schweitzer de 1992 à 2005, le groupe a lancé des marques de véhicules emblématiques – Twingo, Scenic, Kangoo – fait l’acquisition de Dacia, créé l’alliance avec Nissan. Renault Group (plus de 100 000 salariés dans le monde) a commercialisé plus de 2,3 millions de véhicules en 2025 ; il s’en était vendu environ 2,5 millions en 2005.
D’autres sites du groupe automobile français portent le nom d’anciens PDG. C’est le cas de l’usine Georges-Besse de Douai (Nord). Ou encore de l’usine de Flins (Yvelines) qui porte l’identité de son fondateur, Pierre Lefaucheux.
Le Mans, site unique au monde
En activité depuis 1920, et spécialisée dans les châssis à partir des années 1950, l’usine mancelle doit à Louis Schweitzer la création d’Auto Châssis International (ACI) en 1999. Cette filiale industrielle a joué un rôle important dans le développement du site. Le PDG pose alors les fondations d’un centre d’excellence unique dans l’industrie automobile mondiale, qui concentre au même endroit une fonderie et les ateliers d’usinage et d’emboutissage. Porter le nom de Louis Schweitzer est ainsi une reconnaissance, salue le directeur du site, Jean-Luc Bois.
Des effectifs augmentés
L’usine fournit 22 sites clients en Europe, pour des voitures ou des utilitaires fabriqués dans ses propres usines ou pour d’autres marques. Sa production s’élève à 6,3 millions de rotors par an, 1,5 million d’essieux et 1,6 million de berceaux.
Après une récente phase d’embauches, le site emploie aujourd’hui plus de 2 000 personnes, 280 experts dans son centre d’ingénierie et recherche, et dans l’usine de production 1 430 salariés permanents auxquels s’ajoutent 200 intérimaires répartis en quatre métiers : fonderie, usinage, emboutissage, soudure et assemblage.
De nouveaux produits fin 2026
"Nous avons atteint les objectifs pour notre exercice 2025, indique le directeur du site, Jean-Luc Bois. Cette année, nous allons lancer une phase de projets pour être en développement en 2027 et 2028, en partie pour les nouveaux modèles, notamment les châssis hyper-connectés des Flex E Van (utilitaires électriques à vocation urbaine). Fin 2026, nous lancerons aussi la production de disques de frein qui permettront de réduire les émissions de particules."
L’usine sarthoise participe par ailleurs au programme de production de drones piloté par la Direction générale de l’Armement.
Une période charnière
"Nous sommes dans une période ou les défis considérables s’accumulent : géopolitiques, réglementaires, liés aux coûts des matières premières, a relevé Jean-Dominique Senard. Mais l’histoire de Renault a démontré la capacité du groupe à gagner des batailles. Nous sommes dans un esprit de combat et de conquête fort." Et le dirigeant d’en profiter pour féliciter le travail et "l’engagement au quotidien, surtout actuellement" des équipes des cellules achats et logistiques du groupe.
Jean-Dominique Senard a par ailleurs défendu la stratégie vers la motorisation électrique du groupe. Renault a ainsi annoncé son intention d’arrêter de produire des véhicules thermiques dès 2030, en avance sur sa précédente feuille de route. "Il y a une accélération de l’histoire, cela se voit dans les commandes, note le président. Mais nous avons décidé de conserver des gammes de modèles hybrides afin de laisser le temps au marché de s’adapter à cette transition électrique."