Après Lonza, fabricant de gélules pour le secteur pharmaceutique, Netexial vient de se raccorder au réseau de chauffage urbain de la Ville de Colmar pour baisser son empreinte carbone. Moyennant un investissement de 650 000 euros, soutenu par les certificats d’économie d’énergie (CEE) pour environ 100 000 euros, il s’agit du deuxième industriel de la préfecture du Haut-Rhin à opter pour cette solution qui alimente déjà 400 clients dont de nombreux immeubles et bâtiments publics à l’image du siège de la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) en attendant l’hôpital Schweitzer prévu en 2027. Mais, contrairement à Lonza qui en a recours uniquement durant la période estivale, l’énergie déployée par le réseau de chauffage urbain alimentera les process de la blanchisserie industrielle en continu.
Ce choix s’inscrit dans la stratégie de décarbonation du groupe centenaire Netexial, anciennement connu sous l’identité Initial Textile du temps où il appartenait (jusqu’à l’automne dernier), au britannique Rentokil avant sa cession au fonds H.I.G. Capital. Spécialisé dans la location et l’entretien de vêtements et de linge à usage professionnel, Netexial est implanté à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et compte 32 sites en France pour un effectif global de 2 500 collaborateurs et un chiffre d’affaires de plus de 300 millions d’euros en 2024.
Un site industriel en activité depuis 1870
À Colmar, l’ETI francilienne emploie 95 salariés sur un site en activité depuis 1870, à proximité du centre historique, et qui lave aujourd’hui 3 millions de vêtements par an portés par 45 000 professionnels des métiers de l’hôtellerie-restauration, de l’industrie, de la santé, de l’agroalimentaire et des administrations publiques en Alsace ainsi que dans le nord de la Bourgogne-Franche-Comté. Fabrice Shoshany, président de Netexial, compte faire de Colmar une vitrine pour son groupe qui ambitionne de se développer à l’international mais aussi de réduire ses émissions de 33 % à horizon 2030 et d’atteindre la neutralité carbone en 2040.
1 million d’euros consacrés à l’acquisition de nouveaux équipements
Le raccordement au réseau de chaleur municipal, qui s’étend sur près de 40 kilomètres et dont le mix énergétique se répartit entre l’incinération d’ordures ménagères (à hauteur de 72 %), de biomasse (11 %) et de gaz naturel, exploité par la SCCU (42 collaborateurs ; 18,33 M€ de CA), filiale de l’énergéticien colmarien Vialis (270 salariés environ ; 149 M€ de CA), doit permettre au site colmarien de Netexial d’économiser 350 tonnes de CO2 par an.
"C’était l’idéal. Cette solution couvrira 60 % de nos besoins de lavage et de chauffage de nos bâtiments et nous permettra d’éviter de subir des fluctuations de prix par rapport au coût du gaz", indique Fabrice Shoshany. Le dirigeant compte d’ailleurs accélérer en 2026 sur le remplacement de plusieurs équipements de son site alsacien par le biais d’un investissement d’un million d’euros. Cette enveloppe servira essentiellement à remplacer l’actuel tunnel de finition par un équipement s’apparentant à un gigantesque fer à repasser pour défroisser et sécher le linge en quatorze secondes, afin de réduire encore davantage les consommations de gaz et de CO2 au sein de la blanchisserie industrielle.
Un réaménagement du site colmarien de Netexial dans les tuyaux
Installé dans un ancien local dédié au magasinage de diverses pièces industrielles, le système de raccordement au réseau de chauffage urbain, matérialisé par deux échangeurs de 1 100 kW chacun, libère également de la surface sur le site colmarien de Netexial. De quoi susciter de nouveaux développements. "En termes d’ancrage local et d’expertise métiers, en plus d’un très bon dynamisme commercial, c’est Colmar qui figure tout en haut de la liste de nos sites", souligne Fabrice Shoshany qui n’exclut pas une extension de l’usine haut-rhinoise "d’ici 3 à 5 ans" afin d’améliorer les capacités de production de Netexial et les conditions de travail de ses équipes.