Situé entre l’autoroute et la zone industrielle nord, le Centre de valorisation énergétique de Colmar s’engage en faveur de la biodiversité. Propriété du syndicat intercommunal de traitement des déchets de Colmar et de ses environs (SITDCE) et exploitée par la Société colmarienne de chauffage urbain (SCCU), l’usine d’incinération trône au milieu d’un parc de quatre hectares. Construite en 1986, elle traite 70 000 tonnes de déchets par an qu’elle valorise, à l’aide de deux fours, en énergie renouvelable qui alimente le réseau de chauffage urbain de la préfecture du Haut-Rhin.
Employant 41 collaborateurs au total pour un chiffre d’affaires de 18,33 millions d’euros en 2024, la SCCU a engagé 50 000 euros pour son projet biodiversité dont l’objectif est également de renforcer le bien-être des 24 salariés travaillant toute l’année sur le site. Cette initiative pourrait également avoir valeur d’exemple auprès de ses voisins industriels, selon Robin Hannhardt, directeur du Centre de valorisation énergétique de Colmar.
Le personnel de la SCCU sollicité pour le choix des arbres fruitiers
Porté par Laure Andreolli, responsable environnement et sécurité de la SA à conseil d’administration dont Vialis, énergéticien et opérateur de télécoms implanté à Colmar est le principal actionnaire, le projet biodiversité s’appuie sur une étude réalisée par le bureau d’architecture et d’ingénierie suisse Efikos. Il vise à valoriser les cinq biotopes répartis sur les 2,7 hectares d’espaces verts, non constructibles, situés autour du centre de valorisation énergétique.
Concrètement, des actions de tonte raisonnée, la constitution de tas de branches et d'amas de pierres, servant d’abris aussi bien pour des insectes que des petits mammifères, ainsi que la réduction de l’éclairage nocturne afin de ne pas perturber l’activité des chauves-souris ont déjà été entreprises. Des hôtels à insectes et des nichoirs à oiseaux sont en cours d’installation, ainsi qu’une mare de 80 m2, tout comme la plantation d’arbres fruitiers dont les espèces seront sélectionnées à l’issue d’un vote réalisé auprès des salariées de la SCCU. "Nous souhaitons montrer qu’une usine d’incinération de déchets peut parfaitement s’insérer dans son cadre naturel", souligne Laure Andreolli. Cet investissement de 50 000 euros pourrait bénéficier d’une future aide émanant de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse.