Une semaine après l’acquisition par l’État français de six parcelles situées au Lac Blanc et au Lac Noir sur le ban de la commune d’Orbey (Haut-Rhin), Vialis fait acte de candidature pour la concession et l’exploitation d’une station de transfert d’énergie par pompage (STEP) qui fera l’objet d’un appel d’offres courant 2026 de la part des services de l’État.
Pour cela, l’énergéticien et opérateur de télécoms, implanté à Colmar où il emploie près de 300 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 149,36 millions d’euros en 2024, s’associe à son homologue suisse Alpiq (1 180 salariés ; CA non communiqué) pour donner une seconde vie à cet ouvrage redevenu stratégique en matière de transition énergétique. D’autres candidats devraient leur emboîter le pas.
Un investissement de près de 100 millions d’euros
Construite en 1930 au Lac Noir, cette centrale EDF fut démantelée en 2004, deux ans après avoir subi un incendie. Durant son activité, le site était en mesure de produire jusqu’à 80 mégawatts par heure. S’il ne reste aujourd’hui plus que des stigmates de béton à la surface de l’étendue, la conduite servant à faire passer l’eau entre le Lac Noir et le Lac Blanc, situé en amont, est intacte. Reste à construire une nouvelle pompe turbine ainsi que le bâtiment qui l’abritera pour un montant d’investissement qui reste à chiffrer mais qui devrait avoisiner 100 millions d’euros. Selon la procédure en cours, le site pourrait être à nouveau opérationnel d’ici 2032.
L’alliance entre un opérateur local et un expert suisse
Étant inscrite dans la programmation pluriannuelle de l’énergie 2019-2028 par le gouvernement, avec pour objectif une part de 3 % de la production nationale d’électricité à l’horizon 2035, l’hydroélectricité s’apparente à un enjeu majeur auprès des énergéticiens. Au point de donner naissance à cette alliance entre Vialis et Alpiq pour cette infrastructure de moyenne montagne.
Si le premier est un acteur local, le second présente un savoir-faire hydraulique plus que centenaire au service de la sécurité d’approvisionnement. Il exploite notamment, depuis 2022, la centrale souterraine du Nant de Drance dans le Valais, à proximité de la frontière franco-suisse. Dans l’Hexagone, Alpiq possède aussi des participations dans les centrales nucléaires de Cattenom (Moselle) et de Fessenheim (Haut-Rhin). Son activité de fourniture et d’agrégation l’amène aujourd’hui à gérer plus 25 TWh d’énergie.
Le réaménagement de la centrale hydroélectrique alsacienne entraînerait la création d’une centaine d’emplois durant les travaux. "Nous avons la conviction que notre présence locale peut être un atout. Il s’agit d’une installation emblématique pour laquelle un acteur de proximité a tout son sens", souligne Benoît Schnell, directeur général de Vialis. Avec l’eau du Lac Noir conjuguée à celle du Lac Blanc, la future station de transfert d’énergie par pompage permettrait de produire 55 mégawatts d’électricité, soit l’équivalent de 18 éoliennes.