La marque employeur territoriale "Bien en Alsace" souffle sa première bougie. Piloté par l’agence de développement d’Alsace (Adira), ce dispositif concerne aujourd’hui plus d’une centaine de signataires dont les deux-tiers sont des entreprises soucieuses d’attirer de nouveaux talents en provenance d’autres régions de France, voire de l’étranger. Le reste des adhérents à "Bien en Alsace" se répartit entre les collectivités et des partenaires comme le Pôle formation UIMM Alsace qui vient de rejoindre le mouvement.
"On constate un engagement assez fort après seulement un an d’existence", se félicite Marie Blanck, cheffe de projet Marque employeur Alsace au sein de l’Adira. Sa mission consiste à valoriser les perspectives professionnelles qu’offre le territoire en complément des marques employeurs des entreprises. "Nous n’avons pas vocation à récupérer des CV", poursuit-elle. L’agence a ainsi déployé le site internet "Imagine Alsace", en français et en anglais, pour "donner envie d’Alsace" et renforcer ainsi l’attractivité des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin.
Outre cette visibilité, la démarche répond à des besoins en recrutement de plusieurs entreprises locales. C’est le cas pour l’opérateur de télécoms et énergéticien Vialis, implanté à Colmar, qui emploie près de 300 collaborateurs (pour un chiffre d’affaires de 171 millions d’euros en 2023). "Nous recrutons chaque année entre 15 à 20 nouveaux salariés avec parfois de grosses difficultés. Le fait de bénéficier de cette visibilité peut nous être précieux", indique Benoît Schnell, directeur général de Vialis.
La communauté de communes du Sundgau rejoint le mouvement
Spécialisé dans la conception et la fabrication de dioxyde de titane, la société Tronox France (250 salariés, 139 millions d’euros de CA en 2023), située à Thann dans le Haut-Rhin, rencontre la même problématique. D’autant plus que le plus vieux site chimique du monde, en activité depuis 1808, abrite le centre R & D du géant américain où une quinzaine de chercheurs travaillent. "Il nous faut attirer des talents du monde entier", témoigne Emmanuel Sibileau, directeur du site alsacien.
Le 25 juin, la communauté de communes du Sundgau notifiera son adhésion à la marque employeur "Bien en Alsace". Pour Gilles Frémiot, son président qui est aussi conseiller régional et maire de Heidwiller (Haut-Rhin), c’est l’opportunité de mettre en avant les services de son territoire rural, riche de 64 villages, et "qui sont les mêmes qu’à la ville". Cela pour valoriser les besoins de recrutement des entreprises implantées sur son territoire figurant en concurrence avec la Suisse voisine et ses salaires mirobolants.
Des salons professionnels au lieu du Parc des Princes
Il y a un an, au moment de son lancement, le dispositif "Bien en Alsace" projetait un job dating géant au Parc des Princes à Paris. L’événement, dont les coûts d’organisation devaient être partagés entre les divers participants, avait finalement été annulé en raison du retournement de conjoncture. "Nous faisons des propositions mais, en définitive, ce sont les entreprises qui donnent le la en fonction de leurs besoins", explique Yves Demangel, directeur de la marque Alsace pour l’Adira. À défaut de fouler prochainement la pelouse des vainqueurs de la Ligue des Champions de football, l’agence de développement économique alsacienne n’exclut pas "une présence collective" sur divers salons professionnels. Dans l’espoir que l’herbe y soit plus verte pour séduire de nouveaux arrivants.