Spécialiste du marketing, issue de l'école supérieure de commerce de Rouen, Julie Ducret, après une dizaine d'années d'expérience au sein de grands groupes de la cosmétique et de l'agroalimentaire, a choisi de se lancer dans la création d'entreprise en 2009. Ainsi est née la marque de cosmétique Pulpe de vie, qui vient aujourd'hui de lever 450.000 € auprès de Paca Emergence, 2C Invest, BPI et CAAP Création (Crédit Agricole Alpes Provence), résultat d'une démarche qui s'est étalée sur six mois. En France, Pulpe de vie distribue ses produits au travers du réseau des parapharmacies, des réseaux de magasins bio et d'internet. La marque sort en moyenne trois nouveautés par an et vient de restructurer sa gamme. Pulpe de vie distribue 5.000 unités par an au travers d'une douzaine de références.
Comment s'est passée cette levée de fonds ?
C'était crevant. Je pensais aller plus vite mais six mois sont nécessaires pour tout mener correctement. Il y a de toute façon des délais incompressibles. La partie juridique a, notamment, demandé pas mal de temps. Le pacte d'actionnaires fait 75 pages. Il faut passer du temps dessus. Nous avons par ailleurs changé de statut et nous sommes maintenant une SAS au capital de 100.320 euros. Je reste largement majoritaire et nous avons mis en place des mécanismes qui me permettent même de regagner des parts si j'atteins les objectifs de mon business plan. Les investissurs ont vraiment acheté ma stratégie...
La présence des fonds n'est-elle pas pesante ?
Il y a des contraintes en terme de reporting, de comités de pilotage, mais cette présence ne me gène pas. J'en avais marre d'être seule. Une levée de fonds permet de grandir, de repasser dans la cour des gens organisés. C'est une très belle expérience.
A quoi vont servir les 450.000€ récoltés ?
Nous avons trois axes de développement. Cette somme nous a permis de recruter, de restructurer notre e-boutique et de développer l'export au travers de salons ou de rencontres-acheteurs avec Ubifrance. Internet représente actuellement 8% de nos ventes, nous devrions monter à 15%, principalement par le relooking et l'optimisation de notre propre site.
Comment traitez-vous la distribution en France ?
Depuis septembre, je me suis associée avec deux autres marques (Senteurs du Sud et Brittani) et nous avons un distributeur, dont les quatorze commerciaux vont pouvoir faire vivre les produits dans les magasins. Ce ne sont que des marques bio et jouant la carte du Made in France. Nous sommes ainsi très complémentaires. Cette démarche a plu aux investisseurs.
Vous vous positionnez sur un marché très concurrentiel, quels sont les atouts de vos produits ?
C'est en effet la guerre entre les marques, mais nous avons des avantages concurrentiels. J'ai misé sur des produits frais, reposant sur des circuits d'approvisionnement courts. Nous proposons des packagings fun, girly et, plus que sur le bio, je mise sur le 100% naturel. La plupart des marques se disputent le marché des plus de trente ans, alors que nos produits s'adressent aux 18-30 ans. Nous incitons aussi à l'achat coup de coeur en proposant beaucoup de packs "Cadeaux".
Pulpe de vie
(Marseille) Julie Ducret 3 salariés CA : 300.000 € Objectif 5 M€ à cinq ans 04 91 11 88 85
www.pulpedevie.com