La fintech lyonnaise Indy rachète Mon-Autoentreprise.fr
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La fintech lyonnaise Indy rachète Mon-Autoentreprise.fr

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En rachetant Mon-Autoentreprise.fr, la fintech lyonnaise Indy franchit un cap dans la consolidation du marché des outils dédiés aux travailleurs indépendants. L’opération lui permet d’absorber 10 000 utilisateurs supplémentaires et une communauté de 120 000 membres, tout en se positionnant stratégiquement à quelques mois de l’entrée en vigueur de la réforme sur la facturation électronique.

En reprenant Mon Auto-Entreprise.com, Côme Fouques fondateur d’Indy se donne les moyens de recruter des autoentrepreneurs au moment de la mise en œuvre de la facturation électronique — Photo : DR

Indy, plateforme de facturation et de comptabilité pour indépendants basée à Lyon, reprend la société varoise Mon-Autoentreprise.fr (4 salariés), une solution numérique qui combine accompagnement aux formalités, logiciel de gestion et de facturation pour les entrepreneurs.

Derrière cette acquisition se lisent plusieurs logiques convergentes : croissance externe, anticipation réglementaire de la facturation électronique et montée en puissance d’un écosystème de services à destination d’une population professionnelle en forte expansion.

Adresser les autoentrepreneurs débutants

Fondée en 2018 par Thomas Vermeule et Lucas Navelier, Mon-Autoentreprise.fr a bâti une base de 10 000 utilisateurs actifs et une communauté de plus de 120 000 membres sur Facebook. Un type d’audience fidèle et qualifiée représente une valeur considérable dans un secteur où l’acquisition client reste coûteuse. Pour Indy, qui accompagne déjà 300 000 indépendants, l’opération permet d’accélérer la croissance organique tout en captant un segment encore mal couvert : les autoentrepreneurs en phase de démarrage ou de structuration.

L’acquisition englobe également AEcademy, organisme de formation certifié Qualiopi et éligible au CPF, qui ouvre à la fintech lyonnaise (300 salariés ; 45 M€ de revenu annuel récurrent) un nouveau levier de revenus et d’entrée en relation avec de futurs entrepreneurs, en amont même de la création d’activité.

La facturation électronique, catalyseur stratégique

Le timing de l’opération n’est pas anodin. À partir de septembre 2026, toutes les entreprises françaises devront être en capacité de recevoir leurs factures via des Plateformes Agréées (PA), conformément à la réforme portée par la Direction générale des finances publiques. Pour les autoentrepreneurs — souvent peu outillés face aux évolutions réglementaires — cette nouvelle obligation constitue un point de rupture potentiel, mais aussi une opportunité de recrutement conséquente pour les acteurs capables de proposer une solution clé en main. Déjà en juillet 2025, la fintech lyonnaise, qui est Plateforme Agréée immatriculée par l'administration fiscale (DGFiP), renforçait sa plateforme en vue de cette échéance en rachetant Lycha, le logiciel de facturation développé par l’insurtech Coover (Seine-Saint-Denis).

Indy entend transformer cette contrainte en argument commercial, en offrant aux utilisateurs de Mon-Autoentreprise.fr une migration gratuite vers sa plateforme, déjà conforme aux nouvelles exigences. La manœuvre rappelle une logique bien connue dans le secteur SaaS : s’imposer comme standard de facto au moment d’une inflexion réglementaire, avant que les concurrents n’aient le temps de réagir.

Un modèle économique qui monte en gamme

Avec 86 millions d’euros levés auprès d’investisseurs tels que BlackFin, Singular ou Alven, Indy dispose des ressources pour absorber la transition et investir dans l’intégration technique des deux plateformes. La société propose une offre "freemium" (facturation, compte pro et précomptabilité sans frais) et des abonnements payants à partir de 12 euros par mois pour les services déclaratifs (TVA, bilan, Urssaf). L’enjeu est désormais de convertir une partie des nouveaux utilisateurs issus de Mon-Autoentreprise.fr vers ces offres premium, sans briser la promesse d’accessibilité qui fonde l’identité de la marque.

Dans un marché où Indy se retrouve en concurrence frontale avec des acteurs comme Shine, Qonto ou encore les services en ligne de l’Urssaf, cette acquisition illustre une tendance de fond : la verticalisation croissante des offres fintech à destination des travailleurs indépendants, un segment qui représente plus de 4 millions d’autoentrepreneurs en France.

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