Remplacer de l’acide ascorbique produit en Chine par des conservateurs issus de sous-produits de l’extraction de betteraves à sucre, : tel est le projet de la start-up lyonnaise Agri Lab Leverage (4 associés fondateurs).
Créée en 2022, la jeune pousse vient de lever 1,6 million d’euros - dont 900 000 euros en fonds propres - auprès de Foodara (réseau Angelor), UTC Alumni & Side Angels, PSBA (Plateau de Saclay BA), Femmes BA, et TimeToAct Capital.
Lancer la phase de commercialisation
L’objectif ? Développer un pilote industriel capable de produire plusieurs dizaines de tonnes de conservateurs et acidifiants biosourcés, finaliser des études R & D pour mieux caractériser ses produits et entamer la phase de commercialisation. Pour l’heure, "notre produit phare, un anti-oxydant-acidifiant baptisé Protextra, a été testé avec succès auprès d’industriels de la compote, du jus de pomme et des soft drinks", indique Céline Domerc, PDG d’Agri Lab Leverage. Les premières ventes devraient être enregistrées fin 2025, avec un objectif de chiffre d’affaires de 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2028.
Matières premières locales et biosourcées
"Grâce à notre procédé breveté, nous proposons de remplacer les acides ascorbiques (E300), citrique (E330) et malique (E296) par des produits locaux à faible empreinte environnementale, peu consommateurs en énergie et matières premières", explique la présidente d’Agri Lab Leverage, hébergée par l’accélérateur de start-up du Crédit Agricole, le Village by CA, à Gerland. Un atout pour les industriels de la compote et des boissons sans alcool qui pourront supprimer quelques lignes d’additifs sur leurs emballages.
Seconde levée de fonds en 2026 ?
La jeune entreprise prévoit une seconde "levée de fonds mi 2026 d’un montant de 3 millions d’euros en equity et autant en prêts et aides", pour financer son unité industrielle, dont l’emplacement n’est pas encore déterminé.
"Nous serons très proches de la matière première, dans le sud de la région Auvergne-Rhône-Alpes ou en Bretagne pour les drèches de pommes ou dans le nord pour la pulpe de betterave", déroule la présidente.
Les gisements potentiels sont colossaux. Plus de 2 millions de tonnes de coproduits en pomme et en betterave sont notamment utilisées pour la nutrition animale et la bio méthanisation. "Nous devrions traiter plus de 20 000 tonnes par an d’ici 2030, que nous nous engagerons à acheter 10 % plus cher que le prix du marché et valoriserons à 95 %", poursuit-elle.
À côté de Protextra, Agrilab veut également développer, à partir des mêmes sous-produits, une offre de fibres alimentaires pour la panification et la fabrication de biscuits.