Après avoir démarré une campagne betteravière 100 % autonome en eau, le producteur de sucre, d’alcool et de bioéthanol aubois Cristal Union (CA : 2,65 Md€ ; 2 000 collaborateurs) progresse encore d’un pas vers son objectif de neutralité carbone en 2050. La coopérative finalise une phase d’investissement de 12 millions d’euros, dans sa sucrerie de Corbeilles-en-Gâtinais, dans le Loiret. Soutenue à hauteur de 3 millions d’euros par l’Ademe et les Certificats d’Économie d’Énergie, l’opération a permis de réaliser une baisse de 26 % des consommations énergétiques du site en 2025, par rapport à l’année précédente. En 2024, la sucrerie consommait 930 Wh par tonne de sucre produite.
Un schéma énergétique transformé
"Corbeilles est aujourd’hui un modèle européen en matière d’efficacité énergétique", constate dans un communiqué Pascal Hamon, directeur industriel de l’ETI. Le projet a permis l’installation d’un réseau d’échangeurs thermiques, pour récupérer les calories résiduelles de la sucrerie et économiser ainsi 15 à 20 tonnes de vapeur d’eau par heure. Deux nouvelles caisses d’évaporation ont été ajoutées et le schéma thermique de l’atelier d’évaporation a été repensé dans son entièreté pour maximiser l’efficacité énergétique du site.
Des capacités de production augmentées
Ces initiatives ont également permis d’augmenter les capacités de production du site, qui enregistre désormais 12 000 tonnes de betteraves transformées par jour, contre 11 000 précédemment. En parallèle, Cristal Union a augmenté sa production de sucre sur le site de Corbeilles-en-Gâtinais, avec l’installation d’une cristallisation de troisième jet. Chaque jet correspond en effet à une cuisson du sirop, le premier jet donnant le sucre le plus pur tandis que le troisième permet de cristalliser les sirops les moins purs, issus des restes des jets précédents. Cet ajout permet à l’entreprise de produire 15 % de sucre supplémentaire à partir de la même quantité de betteraves.
"Ces opérations s’inscrivent dans la continuité des technologies innovantes installées sur le site depuis des décennies", lance Maxime Cassel, directeur de la sucrerie. Dès 1992, une tour de diffusion économe en eau a en effet été installée sur le site, suivie notamment d’un abandon du fioul lourd au profit du gaz naturel, en 2015.
Un projet à 25 millions d’euros pour aller plus loin
Pour poursuivre sur cette trajectoire, Cristal Union prévoit en 2027 l’installation de 8 hectares de panneaux photovoltaïques flottants sur les bassins de la sucrerie, afin d’autoproduire 16 GWh d’électricité par an, soit la consommation énergétique de 7 000 habitants. Un contrat signé avec EDF Renouvelables qui engage l’ETI à acheter l’énergie produite par le dispositif pendant 30 ans. En parallèle, la coopérative prévoit en 2026 l’installation d’une cinquième presse à pulpes, pour accélérer leur déshydratation.
À plus long terme, la sucrerie de Corbeilles-en-Gâtinais pourrait accueillir à partir de 2027 un sécheur vapeur de pulpes. Déjà installé sur les sites Cristal Union de Sainte Émilie (Somme) et Nangis (Seine-et-Marne), le procédé pourrait permettre de réduire encore de 35 % la consommation énergétique totale du site, contre un investissement de 25 millions d’euros. Le dispositif permet de récupérer de la vapeur à la sortie de la chaudière de l’usine pour la rediriger vers le sécheur vapeur. La vapeur chauffe alors les pulpes de betteraves et les déshydrate. L’eau contenue dans les pulpes s’évapore et la vapeur chaude est alors réinjectée dans le process. Le procédé permet ainsi de ne plus consommer d’énergie extérieure pour la déshydratation des betteraves. À ce stade, le projet est encore à l’étude. "Il nous faut tous les financements pour pouvoir payer les betteraves et mener ces projets en parallèle", explique Maxime Cassel.