Depuis 2013, année au cours de laquelle il a repris les rênes de la société Provence Aide Services, fondée par son père en 2007, Leo Malfant, 35 ans cette année, a vu son effectif passer de 120 à 450 salariés. Ils seront plus de 500 salariés en fin d’année, des collaborateurs qui évoluent dans le secteur de l’aide à domicile et qui interviennent chez des personnes âgées en perte d’autonomie.
Réduire l’écart entre le brut et le net
Alors, quand on parle élections présidentielles avec Leo Malfant, sa première attente concerne la revalorisation de ces métiers, exercés par ceux qu’on a appelés "les invisibles" pendant la crise sanitaire et qui constituent un rouage essentiel du bon fonctionnement de notre société et en particulier du bien-être de nos anciens. "Au-delà d’un manque de publics formés à nos métiers, nous faisons surtout face à un vrai déficit d’attractivité, dû à un problème de valorisation en termes d’image et de salaire. Aujourd’hui, le vrai problème est la différence entre le brut et le net, qui est beaucoup trop importante. Il faut estomper cette différence pour redonner du pouvoir d’achat aux salariés, pour que ces derniers perçoivent réellement les sommes que leur verse leur employeur, pour que le travail paie", confie Leo Malfant, pour qui tout le nerf de la guerre est là.
"Cette différence, entre brut et net, est insoutenable pour les salariés, mais aussi pour nous, employeurs, qui ne pouvons que constater que nos salariés ont des difficultés à boucler leurs fins de mois et que notre marge de manœuvre est très réduite." Quand on parle pouvoir d’achat, la flambée du prix de l’essence est un autre sujet sur lequel Leo Malfant attend des mesures de soutien de la part des pouvoirs publics.
Redonner aux entreprises les moyens de former
Un autre sujet tient particulièrement à cœur à Leo Malfant, celui de la formation. Pour l’entrepreneur, qui est par ailleurs élu à la CCI du Var, président de la commission emploi-formation et délégué régional de la fédération des services à la personne, les réformes successives ont abouti à la situation où les entreprises de plus de 50 salariés ont l’obligation de former leurs salariés, mais n’ont plus aucun moyen en face pour le faire. "Nous avons une obligation de résultat, sans moyens, alors que nous cotisons toujours de manière importante. Il faut qu’une partie de ces fonds soient mobilisables pour nos salariés et cela est d’autant plus vrai dans le domaine du maintien à domicile, qui exige une professionnalisation des intervenantes, et un véritable accompagnement qui participera à la revalorisation de ces métiers et permettra de prendre en charge à domicile des personnes âgées de plus en plus dépendante."