À Epfig, dans le Bas-Rhin, le domaine viticole Schaeffer change de main. Mais derrière la reprise par le vigneron Xavier Guntz se cache un nouvel outil de soutien économique : le fonds de garantie agriculture Grand Est. Mis en place fin 2024 par la Région, il vise à faciliter l’accès au crédit pour les petites exploitations agricoles. Et ce domaine familial de 12,5 hectares en est le tout premier bénéficiaire.
Une reprise épaulée à plusieurs niveaux
Le 1er mars 2025, Xavier Guntz a officiellement repris les rênes du domaine, avec l’ambition d’en préserver l’âme tout en en assurant la pérennité économique. Pour cela, il a bénéficié d’un financement participatif coordonné par Terra Hominis. Cent quarante-sept associés ont ainsi investi 400 000 € pour acquérir 4 hectares de vignes. Mais ce n’était pas suffisant.
Pour relancer l’exploitation, il a dû investir lourdement. Achat de matériel (300 000 €), création d’un fonds de roulement pour assurer la première année, rachat du stock du millésime 2024 (60 000 €), location de la maison et des locaux techniques… autant d’opérations qui nécessitaient le soutien d’une banque. C’est là qu’intervient le fonds de garantie agricole régional, porté par la Région Grand Est en partenariat avec la Siagi (société de caution mutuelle).
Un outil de levier pour les porteurs de projets
Mis en œuvre en décembre 2024, ce fonds a été pensé pour répondre à une problématique bien connue : les difficultés d’accès au crédit pour les petites structures agricoles. En garantissant jusqu’à 70 % du montant des prêts bancaires, le dispositif permet de rassurer les établissements financiers et d’accélérer les projets.
Concrètement, la garantie est partagée entre la Région Grand Est et la Siagi, société de caution mutuelle historiquement liée à l’artisanat. Pour l’emprunteur, la part régionale est gratuite. Elle couvre les prêts d’une durée de 2 à 15 ans, éventuellement prolongeables.
Avec une dotation initiale de 2,5 millions d’euros, la Région estime pouvoir garantir 40 millions d’euros de crédits sur trois ans. Chaque euro investi par la collectivité permettrait ainsi de sécuriser 16,7 euros de prêt.
Premier projet financé, mais pas le dernier
La Région et ses partenaires étaient d’ailleurs en visite sur le domaine, mardi 17 juin, pour constater concrètement l’effet levier du dispositif. D’ici fin 2025, une vingtaine d’autres projets pourraient bénéficier du même type d’accompagnement.
Xavier Guntz, lui, ne compte pas s’arrêter là : "Je prévois de racheter la maison du domaine et les 8,5 hectares restants, actuellement loués à l’ancien propriétaire, Philippe Schaeffer. Pour un montant estimé de 800 000 euros". Là encore, le vigneron compte sur Terra Hominis et le soutien de la Région pour avancer.