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Pour la Fédération des promoteurs immobiliers, le marché du logement neuf s’atrophie
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Pour la Fédération des promoteurs immobiliers, le marché du logement neuf s’atrophie

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Les mises en vente de logements neufs ont chuté de 42,4 % au 2e trimestre 2024, selon la Fédération des promoteurs immobiliers. Les professionnels du secteur ne lancent plus de nouvelles opérations, voire en retire. Et pour les entreprises, il s’agit désormais de "sauver les meubles".

Le nombre de logements mis en vente diminue sur un an — Photo : ucarer

Le marché du logement neuf "s’atrophie" et les entreprises du secteur tentent de "sauver les meubles", analyse la Fédération des promoteurs immobiliers dans sa nouvelle édition de l’Observatoire de la FPI. Pour le 2e trimestre 2024, le marché se corrige "sur les volumes et non sur les prix, les ventes au détail s’effondrent, à peine amorties par la hausse des ventes en bloc", selon l’organisation.

Au 2e trimestre 2024, les mises en vente de logements neufs ont chuté de 42,4 %, avec 13 953 logements neufs mis en vente. Sur six mois, la baisse atteint -36,8 % soit 27 962 logements neufs mis en vente.

Les entreprises "essaient de sauver les meubles"

Dans ce contexte, les entreprises de la promotion immobilière font face à une hausse des défaillances. Selon une étude du cabinet EY, les promoteurs immobiliers représentaient 25 % des 57 000 entreprises en difficulté en 2023, contre 22 % en 2022. "On essaie de sauver les meubles mais il n’y a pas de réelle stratégie. Il faut que ça reparte sinon on se casse la figure", commente Pascal Boulanger, président de la FPI.

Le président de la FPI appelle à mener des réformes rapidement, pour tenter d’inverser la tendance. "Il faut faire une loi fiscale d’exception qui dure 18 mois, avec une exonération de droit de succession. Le logement est aussi fortement taxé, il est trop cher et fait face à trop de normes. Il a suffi d’une petite hausse de taux pour faire tomber la machine et nous avons des logements parfaits que personne ne peut acheter", ajoute Pascal Boulanger.

Dans ce contexte, début 2024, des grands promoteurs immobiliers comme Nexity, Bouygues immobilier ou encore Vinci ont annoncé des plans de sauvegarde de l’emploi.

Des opérations en cours de commercialisation retirées de la vente

Autre constat de la FPI : "les promoteurs ne parvenant plus à commercialiser leurs logements, ne lancent plus de nouvelles opérations et, fait récent, retirent des opérations en cours de commercialisation". Au 2e trimestre, 23 % des logements ont été retirés de la commercialisation. Pour l’organisation, ces retraits du marché envoient un signal contre-productif pour les acquéreurs qui risquent d’être confrontés à "une pénurie dramatique de logements".

35

Dans les territoires, la situation est diversifiée selon les villes mais "aucune métropole ne présente des délais d’écoulement inférieurs à 12 mois". Ces délais, correspondant au temps nécessaire permettant de vendre un logement, atteignent 35 mois à Rennes, 36 à Rouen, 31 à Lyon et 30 à Nantes et Bordeaux. Les métropoles les moins désavantagées sont Aix-Marseille (13,9 mois) ainsi que l’Île-de-France et Le Havre (18 mois).

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