Philippe de Couesbouc (CDAF) : « Un exercice d'équilibriste»
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Philippe de Couesbouc (CDAF) : « Un exercice d'équilibriste»

Invité de l'Université de l'Entreprise*, Philippe de Couesbouc directeur des achats chez STX à Saint-Nazaire et président de la CDAF (compagnie des dirigeants et acheteurs de France) du grand Ouest revient sur la problématique, ô combien stratégique, des achats en période de crise.


Quelles sont les spécificités du métier d'acheteur en période de crise?

Un travail d'équilibriste s'impose aux acheteurs. Beaucoup d'entreprises ont perdu jusqu'à 50% de leur activité. Les acheteurs ont dû s'adapter. Parfois c'est complexe. Ils doivent jongler entre le maintien de la compétitivité des produits et la sauvegarde de leurs fournisseurs stratégiques. Il ne faut pas tuer la ressource et penser à la sortie de crise...


La CDAF a signé une charte des bonnes pratiques. Pourquoi?

Dans bon nombre de secteurs, la crise a révélé des dysfonctionnements entre sous-traitants et grands donneurs d'ordres notamment dans l'automobile et l'aéronautique. À l'initiative de la médiation du crédit, la CDAF a mis au point une charte des bonnes pratiques, signée le 11février.


En quoi est-il important d'avoir une démarche de long terme avec ses fournisseurs?

Si vous avez une démarche de court terme, les fournisseurs s'en souviendront. Une vision de moyen terme est indispensable pour continuer à investir dans des machines, des compétences, de l'innovation. Ça ne se fait pas sans relations de confiance.


En quoi la crise a-t-elle changé la notion de flexibilité dans les achats?

L'avenir nous réserve une moindre visibilité sur les carnets de commandes. Il faut améliorer la flexibilité des ressources: c'est l'un des grands enseignements de la crise. Désormais, les décisions d'achat se prennent le plus tard possible en raison des tarifs de déstockages massifs de dernières minutes. C'est ce à quoi l'on a assisté dans l'univers automobile. D'où une réticence grandissante des systèmes de production à fabriquer trop de stocks... La crise nous a donc appris à être plus souples. Mais pour les acheteurs, ce n'est pas simple, car il faut aussi sécuriser les ressources, les quantités et maintenir les prix...




* Atelier 8; le 19mars à l'ESC Bretagne Brest; de 14h45 à 15h45.

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