La PME Peignage Dumortier, basée à Tourcoing, dans le Nord, change de dimension. Reprise en 2018 à la barre du tribunal de commerce par Cédric Auplat, l’entreprise textile a réalisé en 2024 un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros, contre 3 millions d’euros en 2016. "Ce chiffre s’élève à 15 millions d’euros, en prenant cette fois en compte le rachat, en 2024, de notre concurrent historique allemand BWK", complète Cédric Auplat. Le dirigeant présente cette acquisition comme une opportunité de compléter la croissance organique de ces dernières années, en vue d’atteindre une taille critique. Une récente levée de fonds de 16 millions d’euros va d’ailleurs permettre à la PME et ses 100 salariés d’emménager dans une nouvelle usine dès la fin de l’année.
L’acquisition d’un concurrent majeur
Entreprise centenaire, Peignage Dumortier prépare des fibres synthétiques ou naturelles pour le compte de filateurs européens, en les démêlant ou en les débarrassant d’impuretés. L’un de ses principaux concurrents, le peignage allemand BWK, a déposé le bilan à la fin de l’été 2024. Cet acteur âgé de 140 ans, basé à Brême, était positionné sur la préparation de fibres pour l’habillement, un marché en pleine contraction. "Peignage Dumortier a remporté l’appel d’offres pour racheter l’actif de cette société", indique Cédric Auplat. Si la production de BWK se trouve désormais à Tourcoing, Peignage Dumortier a monté une succursale à Brême, dédiée à la prospection, embauchant l’ex-dirigeant de BWK et deux commerciaux.
Une nouvelle usine à Tourcoing
Avec le rapatriement de cet outil, la PME s’est retrouvée à l’étroit sur son site de 14 000 m². Elle a donc acheté, fin 2024, un terrain de 4 hectares, avec 24 000 m² de bâtiments, toujours à Tourcoing, à 3 kilomètres de l’usine actuelle. La PME y déménagera l’ensemble de ses activités fin 2025, avec l’objectif d’être opérationnelle en mars 2026. "Nous en profitons pour acquérir de nouvelles machines et robotiser des tâches pénibles", note le dirigeant.
Pour financer ces évolutions, Peignage Dumortier a bouclé fin 2024 une levée de fonds de 16 millions d’euros. Une opération rare dans l’industrie textile française, soutenue par Guénaël Rimaud, associé historique de Cédric Auplat, mais aussi par les deux dirigeants de l’entreprise textile nordiste Subrenat et le fonds d’investissement régional IRD. Cédric Auplat, qui a réinvesti au capital, reste actionnaire majoritaire. L’opération a été complétée par de la dette bancaire et par des subventions publiques.
Une diversification supplémentaire
Lors du déménagement, les machines seront positionnées de manière à optimiser les flux et "améliorer la productivité". Cédric Auplat mise aussi sur une hausse des volumes, grâce au rachat de BWK, pour gagner en compétitivité. Enfin, cette acquisition lui permet de poursuivre la diversification entamée en 2021, vers l’habillement cette fois. "C’est aussi une diversification géographique, car BWK a des clients hors Europe", souligne le dirigeant. La PME, qui s’apprête à recruter 25 salariés, vise désormais les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont un tiers via l’habillement et ameublement, un tiers via des applications techniques (pour les pompiers, l’armée, l’isolation, les matériaux composites, etc.) et un dernier tiers via l’éco circularité (laine, lin, chanvre, ou fibres issues du recyclage de textiles).