La demande pour la fibre de lin est en pleine croissance en France. L’entreprise Norlin, basée à Lille, vient de lancer la production de sa nouvelle usine de transformation de lin dans l’Eure pour répondre à cette demande.
Depuis début janvier, la nouvelle usine de transformation de lin de Norlin est en activité à Malleville-sur-le-Bec, dans l’Eure. La PME lilloise dirigée par Loïc Charron a investi 5 millions d’euros dans ce nouveau site, qu’elle a choisi d’implanter en Normandie plutôt que dans les Hauts-de-France.
La Normandie produit 50 % du lin mondial
Un choix qui ne tient pas du hasard. La Normandie est en effet leader sur la production de lin : elle représente à elle seule la moitié de la production mondiale de lin. "La région possède le meilleur terroir du monde pour la culture du lin", explique Loïc Charron, qui a repris Norlin en 2020. Au total, la France était responsable de 65 % de la production de lin à fibres longues en 2025, selon les chiffres de l’Alliance du lin et du chanvre européens.
Demande croissante pour les vêtements en lin
Surnommé "l’or bleu", du fait de la couleur de ses fleurs, la culture du lin n’a cessé d’augmenter au cours des dernières années. "En dix ans, les surfaces de production du lin ont doublé en France", assure le directeur général de Norlin. Une production qui tente de suivre la demande, croissante, pour les vêtements en lin. "Les clients veulent de plus en plus de vêtements traçables et durables", souligne Loïc Charron, pour expliquer l’engouement autour de la fibre.
Fibre vendue à des filatures en Chine et Inde
La nouvelle usine de Norlin, d’une surface de 3 000 m2, transformera chaque année 4 000 tonnes de matières premières. L’entreprise récupère d’abord la fibre de lin auprès de coopératives ou d’agriculteurs normands qui ont transformé une première fois la paille lors du teillage pour en extraire la fibre de lin. Ensuite Norlin, procède à une seconde transformation des fibres courtes de lin permettant d’obtenir des fibres utilisables pour faire du fil.
La société peut alors les vendre à des filatures situées en Chine ou en Inde. "Nous sortons un camion toutes les 36 heures", précise Loïc Charron. Norlin assure elle-même le transport jusqu’au port d’arrivée des marchandises. Les filatures utilisent ensuite le lin pour fabriquer des vêtements 100 % lin ou mélangés à d’autres tissus, qui seront vendus à des marques de prêt-à-porter.
25 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025
L’usine représente un nouveau défi pour Loïc Charron et son équipe de deux personnes. "Se lancer dans un projet industriel peut faire peur, mais nous avons été bien soutenus par les acteurs locaux, qui ont fait un travail remarquable", reconnaît le chef d’entreprise. La PME a bénéficié du soutien de la Région Normandie et d’une subvention de 600 000 euros du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER). Huit personnes viennent d’être recrutées pour travailler dans la nouvelle usine. Norlin projette d’ailleurs de s’agrandir d’ici trois ans, en réalisant une extension de 1 500 m2 sur le même terrain. L’entreprise a réalisé 25 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et espère atteindre 40 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026.