Rouen
L’atelier de vêtements en lin Mijuin projette de tripler la surface de son atelier d’ici 2028
Rouen # Textile et mode # Investissement immobilier

L’atelier de vêtements en lin Mijuin projette de tripler la surface de son atelier d’ici 2028

S'abonner

Quatre ans après sa création, l’atelier de confection de vêtements en lin Mijuin continue doucement de croître. La petite entreprise installée à Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) a produit et vendu 1 000 vêtements en 2025. Et prévoit de déménager dans un atelier plus grand d’ici à 2028.

L’atelier Mijuin a confectionné 1 000 pièces en 2025. L’entreprise fonctionne à flux tendu, pour limiter les stocks — Photo : Agathe Perier

Produire des vêtements 100 % made in France et en circuit court, impossible ? L’entreprise normande Mijuin le fait pourtant depuis 2022 dans son atelier de Saint-Étienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime. Sa jeune cheffe d’entreprise, Pauline Beuzelin, a fait le pari du lin, dont la Normandie est la première région productrice au monde.

Depuis quatre ans, l’entreprise Mijuin confectionne et vend des chemises, robes, sacs banane en lin dans son atelier installé près de Rouen. Rentable dès sa première année d’exercice, la société emploie aujourd’hui 9 personnes. Elle s’appuie sur une chaîne d’entreprises en circuit court liée à la culture locale de lin. La région normande concentre à elle seule la moitié de la production mondiale de lin.

Cinquième étape de transformation du lin

L’implantation d’une filature de lin à Bernay dans l’Eure en 2022, vingt ans après la fermeture de la dernière de la région, a rendu possible une production locale, de A à Z. "Pouvoir fonctionner en circuit court est très rare dans le textile. Maintenant que nous avons une filature, cela a beaucoup plus de sens de transformer une partie du lin en France plutôt qu’en Chine", souligne la dirigeante. L’entreprise Mijuin intervient, elle, en cinquième et dernière étape de la chaîne de transformation du lin.

160 euros de panier moyen

Avant, le lin est cultivé par les agriculteurs, puis ses composants sont triés et séparés par un teilleur, puis transmis à la filature qui produit le fil de lin, avant d’atterrir chez les tisseurs, dans les Hauts-de-France. Mijuin récupère ensuite des rouleaux de tissu, et l’atelier réalise découpe et assemblage des pièces. La société normande les distribue ensuite, via son site internet ou des boutiques éphémères. En 2025, la petite entreprise a vendu 1 000 vêtements, avec un panier moyen à 160 euros.

Plan d’investissement de plus de 600 000 euros

En croissance de 40 % chaque année depuis sa création, Mijuin prévoit d’atteindre un chiffre d’affaires de 220 000 euros en 2026. La société va aussi quasiment tripler la surface de son atelier d’ici à 2028. L’entreprise normande passera de son local de 112 m2, dans une pépinière d’entreprises, à un site de 300 m2, encore à trouver. "Nous avons deux options : trouver un lieu à rénover, ou bien un bâtiment à construire", explique Pauline Beuzelin. Mijuin a prévu un plan d’investissement de 620 000 euros pour ce déménagement et l’achat de nouvelles machines. Il est financé à 57 % par des aides de la Région, un prêt d’honneur du Réseau Entreprendre et une aide du fonds vert de l’État et de l’Ademe.

Développer le tourisme de savoir-faire

Le lieu aura également la particularité de pouvoir accueillir des visiteurs et de la vente sur place. "Nous voulons développer le tourisme de savoir-faire dans l’atelier pour rencontrer les clients et faire de la pédagogie. C’est une super carte postale pour la région, qui contient toute la chaîne de transformation du lin, des champs aux ateliers textiles", s’enthousiasme la fondatrice de Mijuin. À terme l’entreprise, qui souhaite rester à taille humaine, pourrait représenter une équipe de 15 personnes, et produire 5 000 pièces par an.

Rouen # Textile et mode # Investissement immobilier # Investissement industriel # TPE
Fiche entreprise
Retrouvez toutes les informations sur l’entreprise MIJUIN