Quelque 150 salariés de Néolithe sur les 200 de l’entreprise ont emménagé entre septembre et décembre 2024 au nouveau siège à Beaulieu-sur-Layon (Maine-et-Loire). Ils ont quitté leurs bureaux morcelés de Chalonnes-sur-Loire, où seul un site sur quatre est provisoirement conservé. Les dernières équipes seront accueillies à Beaulieu lorsqu’un deuxième bâtiment consacré au laboratoire sera construit.
Dans le style des manufactures du XIXe siècle
Intégrer ces nouveaux bureaux va permettre "d’offrir un meilleur accueil et donc une meilleure qualité de travail aux équipes", assure Quentin Laurens, directeur des affaires publiques de Néolithe. Ces conditions comptent pour l’attractivité d’une entreprise qui a besoin de recruter. En effet, cette start-up industrielle n’a été créée qu’en 2019, autour d’un procédé innovant de fossilisation, pour changer les déchets non recyclables en granulats utilisables dans la construction. Un soin particulier a été apporté à l’apparence de la nouvelle usine de Beaulieu-sur-Layon, avec une façade atypique, inspirée du style industriel des manufactures du XIXe siècle. "Nous sommes attachés à remettre des usines belles dans les territoires, pour changer l’image de l’industrie polluante et bruyante".
Une capacité de 10 000 tonnes, préfigurant les usines de 100 000 tonnes
Le bâtiment de 4 900 m2, comprenant 1 600 m2 de bureaux, un atelier de préparation des machines et une usine de production, a nécessité un investissement de 10 millions d’euros, porté par la société d’économie mixte Alter Eco (Anjou Loire Territoire). "Nous paierons les loyers jusqu’à en devenir acquéreurs. Sans un tel appui, il aurait été plus compliqué pour nous de poursuivre notre développement", précise le responsable. En complément, il est prévu la construction ultérieure du laboratoire de 1 700 m² et le siège social de 3 000 m². La mise en route de la ligne de production a été progressive, au cours de cette année 2024. Cette usine de taille intermédiaire, d’un potentiel de traitement de 10 000 tonnes annuelles, s’ajoute à la première unité située à Avrillé, près d’Angers. D’une capacité deux fois moindre, cette dernière est principalement dédiée à la R & D.
Une levée de fonds de plusieurs dizaines de millions d’euros
Pour porter la croissance organique de l’entreprise, une levée de fonds de plusieurs dizaines de millions d’euros est en cours. Elle devrait être bouclée en début d’année 2025. Néolithe a déjà réalisé une première levée de fonds de 2 millions d’euros en 2021, puis de 20 millions en 2022 et de 60 millions en 2023.
L’aménagement de la première usine débutera en 2025
L’usine de Beaulieu préfigure l’activité des futures usines de Néolithe et contribue à la montée en puissance de l’activité. Choix des machines, organisation des usines : ce pilote industriel permet d’affiner les process en vue de l’ouverture des sites de production de 100 000 tonnes. "La première usine sera mise en service en Anjou en 2026, son aménagement démarrera dès 2025", promet Quentin Laurens. Trois autres usines devraient suivre en 2027, dans le sud de la France. Des contrats préalables d’amont avec des fournisseurs (centre de tris) et d’aval avec des utilisateurs (entreprises du BTP, du béton, voire des carriers qui recherchent du granulat à empreinte carbone négative) ont été signés à Marseille et à Bordeaux. Les contrats qui concernent l’Occitanie sont en cours de discussion. Sur une parcelle de 6 hectares en moyenne, chaque unité nécessitera un investissement de quelques dizaines de millions d’euros et emploiera une soixantaine de personnes.
L’association avec des partenaires pour accéder au foncier, au bâtiment, voire la perspective d’une joint-venture pour l’exploitation font partie des réflexions sur la table. Il faudra compter sur une nouvelle levée de fonds spécifique au financement de ces infrastructures en 2025.