Maine-et-Loire
La start-up industrielle angevine Néolithe lève 60 millions d'euros
Maine-et-Loire # Gestion des déchets # Levée de fonds

La start-up industrielle angevine Néolithe lève 60 millions d'euros

S'abonner

Après un tour de table de 20 millions d’euros en juin 2022, la start-up industrielle angevine Néolithe, qui a mis au point un procédé de fossilisation des déchets non recyclables pour les transformer en granulats, réalise une nouvelle levée de fonds de 60 millions d’euros. Elle veut déployer en France des usines permettant de traiter chacune 100 000 tonnes de déchets par an.

Néolithe vient de réaliser une levée de fonds de 60 millions d'euros — Photo : Fabien Tijou

La start-up industrielle Néolithe, basée dans le Maine-et-Loire à Chalonnes-sur-Loire, qui a développé un procédé de transformation des déchets non recyclables en granulats par fossilisation, vient de lever 60 millions d’euros auprès d’Otium Capital, de Crédit Mutuel Impact via son Fonds de révolution environnementale et solidaire, de Tivoli Capital, déjà présent lors d’une première levée, et du fonds d’infrastructure verte RGreen Invest. Lancée en janvier 2019, la start-up en est ainsi à son troisième tour de table, après une première levée de 2 millions d’euros en mars 2021 auprès d’Andurance Ventures et de plusieurs entrepreneurs du BTP et de la filière déchet/recyclage, et de 20 millions d’euros en juin 2022. Cette fois, c’est la société d’investissement Otium Capital et des investisseurs familiaux qui avaient accompagné la jeune entreprise.

De 10 000 tonnes à 100 000 tonnes

Initialement, Néolithe avait envisagé pour cette année une levée de 100 millions d’euros mais a repensé sa stratégie. Il s’agissait en effet dans un premier temps de déployer des fossilisateurs d’une capacité d’environ 10 000 tonnes par an. "Nous n’allons plus installer des fossilisateurs de 10 000 tonnes de déchets chez nos clients mais construire nos propres usines d’une capacité de 100 000 tonnes par an", explique Nicolas Cruaud, président de Néolithe.

Nicolas Cruaud, cofondateur et président de Néolithe — Photo : Fabien Tijou

Cette levée de fonds de 60 millions d’euros va donc permettre à Néolithe de continuer sa R & D et de se donner la capacité industrielle pour fabriquer ces fossilisateurs beaucoup plus importants. Les usines de fossilisation ne seront donc pas financées avec ce tour de table, et Néolithe envisage pour cela, dans un second temps, une levée de fonds d’infrastructure. "Assez rapidement, nous allons partir à la recherche de fonds, poursuit Nicolas Cruaud, pour financer le développement physique de ces unités. Pour chaque usine, il faut environ quelques dizaines de millions d’euros et nous allons chercher une enveloppe globale pour déployer plusieurs usines d’un coup."

Première usine en Maine-et-Loire

Le procédé de fossilisation développé par Néolithe se substitue à l’incinération des déchets. Actuellement, il permet de traiter les déchets industriels et le tout-venant des déchèteries, qui représentent 15 millions de tonnes par an en France. Devenus granulats, ils peuvent être utilisés dans le secteur du BTP. Une équipe R & D de l’entreprise, qui a été renforcée, travaille sur la possibilité de transformer aussi les déchets ménagers, dont le volume est équivalent chaque année dans l’Hexagone.

La première usine de fossilisation de Néolithe devrait voir le jour dans le Maine-et-Loire, en 2025 ou 2026. Le lieu d’implantation n’est pas encore déterminé, et d’autres projets suivront. Dans plusieurs régions, Paca, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Nouvelle-Aquitaine, Néolithe enregistre déjà des demandes, et l’entreprise affiche la volonté de mettre en fonctionnement en France "plusieurs dizaines d'usines dans quelques années", indique Nicolas Cruaud, qui reste prudent sur les échéances. La construction d’une usine exige en effet des démarches administratives, autorisations environnementales, enquêtes publiques, qui peuvent prendre plus ou moins de temps.

Nouveau site à Beaulieu-sur-Layon début 2024

Néolithe va donc désormais implanter des fossilisateurs beaucoup plus gros en déployant ses propres usines, ce qui va lui permettre d’aller chercher des volumes plus importants. "Les effets d’échelles sont très intéressants, confie le dirigeant, à la fois commercialement et techniquement. Nous ne pouvions pas envisager cela avant d’être assez important pour assumer ce genre de complexité industrielle. Parvenir à ce modèle était notre objectif final et nous nous sommes convaincus que nous pouvions y arriver plus tôt que prévu."

Cette accélération et cette réorientation de la stratégie ne modifient en rien le cap que s’est fixé la start-up angevine, qui emploie actuellement près de 200 personnes. Le premier bâtiment de son site industriel de Beaulieu-sur-Layon est terminé et sera inauguré en début d’année 2024. Tous les fossilisateurs y seront assemblés et il accueillera également la R & D. Une bonne partie de l’équipe va donc déménager. Un second bâtiment, prévu pour 2025, permettra de transférer le laboratoire, qui restera en attendant à Chalonnes-sur-Loire.

Maine-et-Loire # Gestion des déchets # BTP # Levée de fonds # Start-up # Innovation