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Envergure a pu profiter des Jeux Olympiques pour recruter plus facilement dans des métiers en tension
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Envergure a pu profiter des Jeux Olympiques pour recruter plus facilement dans des métiers en tension

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La filiale du groupe lavallois Actual a participé au recrutement et à la formation de 5 000 agents de sécurité. Un métier dont la France peine à combler les carences en effectifs. Selon la directrice d’Envergure, la communication autour de Paris 2024 a permis d’attirer de nouveaux profils de candidats.

Sandra Gicquère, directrice générale adjointe de la société Envergure, filiale du groupe lavallois Actual — Photo : Sylvain Malmouche - DR

L’organisation des Jeux Olympiques de Paris 2024 nécessite des besoins ponctuels mais considérables de main-d’œuvre dans différents domaines. Pour sécuriser les sites, par exemple, 30 000 personnes sont annoncées. "Les JO ont eu l’avantage de mettre la lumière sur ces métiers et les besoins. Cela a ainsi permis de combler le déficit de compétences en agents de sécurité qui était de l’ordre de 10 000 à 15 000 postes en France", souligne Sandra Gicquère, directrice générale adjointe d'Envergure, qui emploie plus de 1 000 salariés et œuvre beaucoup auprès de personnes éloignées de l’emploi de longue date. À elle seule, depuis janvier, son entreprise a recruté et formé 5 662 personnes pour la surveillance de sites ou les risques d’incendie. "Et certaines sont en fonction depuis 18 mois", précise la dirigeante.

Davantage d’étudiants et de seniors attirés vers la sécurité

L’organisation des JO en France a eu la vertu d’attirer de nouveaux profils vers les métiers de la sécurité. "Une population d’étudiants et de plus en plus de seniors qui ne venaient pas forcément vers ces métiers et qui y trouvent un complément de revenu, raconte Sandra Gicquère. Certains jeunes prennent alors conscience qu’il s’agit de vrais métiers et que cela exige de passer des diplômes." Ce qui peut les convaincre de continuer.

Pour faciliter les recrutements, a été créée en 2023 la certification professionnelle pour la sécurité des grands événements (pour rassemblement de plus de 300 personnes), baptisée CQP PGSE. Celle-ci se décline en une centaine d’heures de formation. Des délais de formation spécifiquement raccourcis dans l’optique des grands événements en France (les JO mais aussi la Coupe du Monde de rugby en 2023). Mais une fois ce titre obtenu, la majorité des personnes restent pour évoluer dans ces métiers, selon la dirigeante de la filiale du groupe lavallois Actual (4 100 salariés, 1,6 Md€ de CA en 2023), connu notamment dans le domaine de l'emploi intérimaire.

Convaincre ou convertir ailleurs

Les agents de sécurité recrutés et formés dans la perspective de Paris 2024 relèvent d’une convention signée avec France Travail. "Cette convention représente un marché de trois ans. 90 % des gens travaillent depuis la sortie de leur formation", précise Sandra Gicquère. Car s’ils seront bien déployés sur les sites olympiques, les agents formés dans le cadre de cette convention réalisent d’autres missions avant et bien sûr après l’événement.

Seuls certains critères d’entrée sont rédhibitoires : avoir un casier judiciaire vierge, être citoyen de l’Union Européenne, être présent sur le territoire français depuis plus de cinq ans en continu, etc.

Et si certaines personnes s’avouent déçues, car non convaincues de leur place dans le domaine de la sécurité, "le périmètre d’Actual nous permet de leur proposer un nouveau parcours professionnel ou des offres d’emploi liées à des besoins spécifiques", fait valoir la directrice en poste depuis 2000.

Des métiers qui permettent une évolution

Au-delà des métiers de la sécurité, Envergure travaille sur d’autres métiers en tension, comme la santé (notamment pour le maintien à domicile), le commerce et la propreté. "Ce sont les métiers où nous sommes le plus sollicités. Nous sommes très axés sur les métiers ascenseurs, c’est-à-dire qui donnent encore des opportunités d’évolution de carrière à des gens qui n’ont pas beaucoup de diplômes", explique Sandra Gicquère.

Envergure travaille à 90 % pour des marchés publics. "C’est le jeu des appels d’offres, nous répondons aux sollicitations de l’État. Mais ce n’est pas une stratégie voulue, rien n’est figé, affirme Sandra Gicquère. Nous espérons nous développer aussi auprès d’acteurs privés." Depuis janvier, l’entreprise a accompagné 60 535 personnes.

Un nouvel acteur incontournable pour l’emploi

Fin 2023, Envergure est entré dans le top 3 des entreprises axées sur le retour à l’emploi en intégrant la Retravailler EGP. Un levier pour couvrir le territoire national et diversifier ses compétences. L’entreprise qui a réalisé 60 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023 emploie désormais 1 006 salariés dans 264 centres de formation.

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