Maine-et-Loire

BTP

Néolithe réduit le bilan carbone du BTP

Par Florent Godard, le 26 mars 2021

Transformer des déchets non-recyclables en petits cailloux pour construire des routes ou des immeubles... Ce pari, Néolithe est en passe de le réussir. Un brevet a été déposé. La start-up dessine actuellement les plans d'une future usine de 8 000 m², prévue à l'horizon 2023.

La méthode de Néolithe pour transformer des déchets non recyclables  en granulat pour le BTP est " cinq fois moins polluante que l'enfouissement ou l'incinération ", assure la start-up.
La méthode de Néolithe pour transformer des déchets non recyclables  en granulat pour le BTP est " cinq fois moins polluante que l'enfouissement ou l'incinération ", assure la start-up. — Photo : Fabien Tijou

Néolithe a mis au point un procédé pour transformer les déchets non-recyclables en granulats utilisables dans le BTP. Plus précisément, elle traite les déchets non-inerte et non-dangereux (pas d'amiante ou de métaux lourds) comme des plastiques, des isolants, du placo... La PME de Chalonnes-sur-Loire veut ainsi fournir une alternative à l'enfouissement et l'incinération (pour le même prix). 

Le tuffeau comme source d'inspiration

L'idée a germé dans la tête d'un maçon, tailleur de pierre et entrepreneur angevin, William Cruaud, 60 ans, co-fondateur de Néolithe avec son fils Nicolas, 25 ans, ingénieur en mécanique diplômé de Polytechnique. Leur méthode s'inspire de la nature. " La pierre de tuffeau provient des déchets organiques de l'ère du Crétacé. On s'est demandé : comment reproduire ce processus de fossilisation avec nos déchets à nous ? En liant des particules sous pression, etc. ", raconte Nicolas Cruaud. Néolithe broie d'abord les déchets pour obtenir une poudre mélangée ensuite à un liant qui rend inerte les parties susceptibles de rejeter des polluants. Ce procédé de " fossilisation " a été breveté en France et des certifications sont en cours auprès du CSTB et du Cerema.

Livraison de "fossilisateurs"

Créé en 2019, Neolithe conçoit ces liants et des unités de traitement des déchets en modulaires ou " fossilisateurs ", par exemple pour des centres de tri ou des acteurs du BTP, comme Vinci ou Bouygues. Quid de l'impact sur l'empreinte carbone du BTP ? Neolithe table sur 10 % à 30 % d'apport en granulats recyclés dans les projets de construction. La masse des déchets pouvant être traitée en France restant insuffisante pour répondre aux besoins du bâtiment, explique en substance Nicolas Cruaud. " Nous ne remplacerons pas les carrières ", conclut-il.

10 M€ d'investissements prévus

Sise à Chalonnes-sur-Loire, dans 600 m² d'ateliers, la jeune pousse dessine actuellement " les plans d'une future usine de 8 000 m² " , qu'elle compte construire d'ici début 2023 sur l'Anjou Actiparc de Beaulieu sur Layon. Des discussions ont débuté avec la communauté de communes concernée pour l'acquisition du terrain." On envisage d'investir plus de 10 millions d'euros ", chiffre Nicolas Cruaud. L'usine sera dimensionnée pour " pouvoir employer 200 à 300 personnes à l'horizon 2025 ". Côté business plan, l'équipe table sur la vente d'une douzaine de fossilisateurs en 2022, de quoi générer 10 millions d'euros de chiffre d'affaires puis espère atteindre les 30 millions d'euros en 2023.

Conseillés par Jacques Attali

Néolithe nourrit de grandes ambitions. Il faut dire qu'elle a reçu une avalanche de soutiens. Aidé financièrement par l'Ademe et Bpifrance, la start-up a déjà levé 500 000 € en 2020, auprès d'Anjou Amorçage et de business angels. Une nouvelle levée de fonds de 2 millions d'euros est en cours de finalisation.

L'équipe angevine a aussi fait jouer ses réseaux. En obtenant d'abord un coup de pouce des anciens de Polytechnique - pour ouvrir des portes d'investisseurs et de clients potentiels - ou encore de l'incubateur de start-up de l'école, baptisé " x-up ". Et même du conseiller fétiche des présidents de la République, Jacques Attali, investisseur et conseiller stratégique de la jeune pousse... Que Nicolas Cruaud a contacté par mail après une conférence. Tout simplement.

La méthode de Néolithe pour transformer des déchets non recyclables  en granulat pour le BTP est " cinq fois moins polluante que l'enfouissement ou l'incinération ", assure la start-up.
La méthode de Néolithe pour transformer des déchets non recyclables  en granulat pour le BTP est " cinq fois moins polluante que l'enfouissement ou l'incinération ", assure la start-up. — Photo : Fabien Tijou

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