L'heure est à la redistribution des cartes dans la filière avicole. Après l’alliance entre le groupe Avril et LDC, la reprise de Doux par Terrena annoncée sous peu, LDC en discussions avec Agrial, le dernier rapprochement est breton.
La coopérative finistérienne Triskalia et la coopérative morbihannaise UKL Arrée, dont le siège se trouve à Languidic, unissent leurs destinées. « Ce rapprochement est une façon de donner un signal fort sur la nécessité et la volonté d’atteindre une taille critique pour nos entreprises dans la filière volailles », résume Dominique Ciccone, directeur général de Triskalia.
Rapprochement sans fusion
Pas de fusion donc mais une coopération forte entre deux entreprises bretonnes certes mais de tailles très différentes. Si Triskalia fait figure de première coopérative polyvalente en Bretagne avec 18.000 adhérents, 4.800 salariés, 2,1 Md€ de CA et 300 sites en France et en Europe, UKL Arrée affiche son régionalisme. « Notre coopérative a 51 ans, elle compte 142 éleveurs et 60 salariés pour un chiffre d’affaires de 101 M€ de CA. Nous sommes 100 % spécialisés en volailles», détaille pour sa part Thierry Julé, président d’UKL-Arrée.
« C’est courageux de parier sur UKL»
Depuis plus d’un an UKL tentait de remonter la pente suite à d’importantes difficultés financières. « Le passif a atteint 16 M€», confie Mickaël Legay, son directeur général depuis un an, bien décidé à ouvrir une nouvelle ère pour l’entreprise. Oubliés donc ou presque les difficultés financières générées entre autres par le dépôt de bilan de Doux, redevenu le client " majeur " d’UKL. « ll y a un an, personne ou presque ne pariait sur UKL. Nous avons présenté à cinq coopératives notre projet d’adossement. Triskalia nous a suivis. C’est courageux.»
Sur un plan pratique, la coopérative morbihannaise adhère à Triskalia mais reste autonome. Elle garde ses marchés et débouchés actuels : Doux pour le poulet export, LDC pour le poulet, Terrena pour les canards et divers découpeurs pour les dindes.
1M€ investi à Pontivy
Pas de changement non plus pour ses éleveurs qui restent adhérents d’UKL et pour la majorité de ses salariés sauf les 22 du couvoir de Pontivy. Et c’est précisément du côté des couvoirs que de nouvelles perspectives se dessinent. « Nous allons investir un million d’euros pour le couvoir de Pontivy qui passera alors de 800.000 poussins par semaine à 1,2 million », dévoile Georges Galardon, le président de Triskalia. L’unité pontivyenne associée au couvoir de canetons, ex Procaneton à Pontchâteau (44), vont constituer une nouvelle société Couvéo qui verra le jour le 1er février.
Si sur cette partie accouvage, Triskalia trouve un sourcing supplémentaire « même si nous continuerons d’acheter des poussins à l’extérieur » les synergies entre les deux entreprises sont en marche : Triskalia deviendra aussi progressivement fournisseur d’aliments auprès des éleveurs d’UKL.
Outre des développements, la coopérative finistérienne envisage aussi de soutenir ses éleveurs par des investissements. En 2016, elle prévoit d’investir 55 M€ sur l’ensemble de ses métiers.