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70 millions d’euros pour sauver Eurolysine
France # Agroalimentaire

70 millions d’euros pour sauver Eurolysine

L’État et le groupe Avril apportent 70 millions d’euros à Eurolysine, seul producteur européen d’acides aminés, en difficultés du fait de la concurrence chinoise.

Eurolysine replonge dans la tourmente malgré les droits antidumping européens — Photo : Groupe Avril

L’État et le groupe Avril (huiles et protéines végétales, 8,2 Md€ de CA en 2025, 8 478 salariés) ont signé un accord pour renforcer le capital d’Eurolysine, filiale d’Avril, à hauteur de 70 millions d’euros, financés à 55 % par Avril (38,5 M€) et à 45 % (31,5 M€) par l’État. Objectifs : sécuriser durablement l’avenir du site de production d’Eurolysine à Amiens (Somme) et préserver la souveraineté alimentaire européenne. Eurolysine est en effet le seul producteur européen d’acides aminés par fermentation destinés à l’alimentation animale. À ce titre, il subit une très forte concurrence des produits importés de Chine. "Les produits fabriqués sur le site, notamment la lysine, le tryptophane et la valine, sont essentiels aux filières européennes d’élevage. Leur production contribue à sécuriser les approvisionnements stratégiques de l’agriculture européenne et à renforcer son autonomie", souligne le ministère de l’Industrie dans un communiqué. L’annonce de l’accord a été faite vendredi 5 juin 2026 par le ministre de l’Industrie Sébastien Marin lors d’un déplacement sur le site amiénois.

23 millions d’euros de pertes en 2025

Eurolysine (ex-Metex, 350 salariés, 48,30 M€ de CA en 2024) a été reprise en 2024 par le groupe Avril, avec le soutien du fonds SPI de Bpifrance, via une recapitalisation de 130 millions d’euros. L’entreprise a enregistré 23 millions d’euros de pertes en 2025, et près de 4 millions supplémentaires dès janvier 2026, selon notre confrère Les Échos. Bpifrance s’était désengagée le mois dernier, son directeur général Nicolas Dufourcq, estimant devant une commission de l’Assemblée nationale que pour sauver Eurolysine, il fallait mettre "200 % de droits de douane contre les Chinois." C’est pourtant un autre fonds de Bpifrance, " French Tech Souveraineté ", qui va participer au refinancement du groupe.

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