Une nouvelle aventure industrielle. En rachetant fin 2013 la Brûlerie du Ménez Bré à Pédernec, Yves Cadiou voulait remettre un pied dans le monde la production agroalimentaire. À 48 ans, cet autodidacte a débuté sa carrière au sein de l'entreprise familiale, la biscuiterie finistérienne Cadiou. « J'ai accompagné mes parents pendant 15 ans avant de les quitter lors de la vente des activités au groupe Colibri, lequel depuis a été racheté par Roullier. J'ai pris un peu de distance avec tout cela. J'en ai profité pour voyager. »
Des rares bonnes affaires
En 2008, après 3 années passées en Nouvelle-Calédonie, Yves Cadiou décide de revenir au pays et tente sa chance dans l'univers de la grande distribution. « J'étais à deux doigts de racheter un magasin d'une enseigne indépendante dans le sud de la France mais finalement je me suis rendu compte que l'univers industriel me manquait. J'ai décidé de replonger en cherchant une entreprise à racheter. » Commence alors « un long chemin de croix » pour celui qui étudiera, avec cinq cabinets de transactions, une cinquantaine d'affaires. « J'ai regardé tous les secteurs de l'agroalimentaire, de la biscuiterie à la salaisonnerie. Les bonnes affaires se font de plus en plus rares car elles sont souvent rachetées par des groupes. »
Rachat d'un tout
Dans le courant de l'année 2012, il apprend que la Brûlerie du Ménez Bré, fondée en 1958 par la famille Le Bozec, est à vendre. « La première proposition n'est pas passée mais je me suis dit qu'il y avait un véritable potentiel à exploiter dans cette entreprise. » 18 mois plus tard, sa seconde offre est retenue par la famille Madec qui avait entre-temps succédé aux fondateurs. « Tout est allé après vite. En octobre 2013 je signais le rachat de l'entreprise et des murs de l'unité de production de 3.000 m², tout en conservant les 13 salariés. »
Jouer la carte régionale
Pour booster l'activité, Yves Cadiou entend s'appuyer sur les trois circuits de distribution qui permettent au torréfacteur costarmoricain de commercialiser 500 tonnes de café par an. « Avec la marque Ménez Bré, nous servons les cafés, hôtels et restaurants. Avec Café André, rachetée en 2002, nous avons un pied à conforter en grande distribution. Enfin, les marchés publics, pour alimenter les collectivités locales ou les hôpitaux, représentent un tiers de notre activité. » Convaincu que le caractère régional de ses produits est une force, Yves Cadiou mise beaucoup sur une approche partenariale pour développer ses ventes. « Nous travaillons déjà avec le fabricant de chocolat Monbana. J'aimerais m'associer à d'autres opérateurs dans l'univers des bars. Nous sommes tous confrontés à la disparition d'une partie de cette clientèle. Ensemble, nous pouvons peser davantage. »
Un outil bien dimensionné
Du côté des investissements, Yves Cadiou n'entend pas révolutionner un outil déjà bien dimensionné. « Nous avons de la place pour nous développer. En se déplaçant de Bégard à Pédernec, mes prédécesseurs avaient vu grand. Les équipements industriels sont de bonne qualité. J'ai juste eu à procéder à quelques ajustements pour améliorer la productivité. » Le nouveau patron préfère cibler ses efforts sur le sourcing des matières premières. « C'est l'enjeu de notre secteur avec des cours volatils et souvent spéculatifs. Il faut savoir bien acheter, en terme de prix et de qualité. »
Brûlerie du Ménez Bré
(Pédernec)
P-dg : Yves Cadiou
13 salariés
Chiffre d'affaires 2013 : 3,8 millions d'euros
02 96 45 20 51