Des bourriches de moules qui ne dégoulinent pas d’eau pendant le transport : c’est la nouvelle invention de Maison Morisseau. L’entreprise bretillienne de production de moules de bouchots, qui fête cette année ses 30 ans, a décidé d’innover et d’investir pour poursuivre son développement. Alors qu’elle a terminé son exercice 2025-2026 avec une croissance de + 18 % à 9,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, elle vise désormais une accélération à l’export, aidée par ce nouveau mode de conditionnement.
Atteindre 20 % de l’activité à l’export
"La vente de moules à l’étranger représente actuellement 2 % de notre activité. Nous visons les 20 % d’ici à cinq ans", confie Stéphane Hesry, directeur général de Maison Morisseau, basée au Vivier-sur-Mer depuis trois générations. Le mytiliculteur a donc investi 500 000 euros dans un nouveau type de conditionnement, une barquette en bois de 1,5 kg, "qui ne goutte pas", contrairement aux sacs qui servent depuis toujours au transport de ce produit de la mer en forte demande.
Une barquette pour ses produits premium
La barquette est destinée aux moules sélectionnées pour leur qualité et vendues sous la marque "La Morisseau" auprès de poissonniers indépendants (notamment en casiers automatiques et en libre-service) et de restaurants haut de gamme. "Elles représentent un peu plus de 20 % de nos ventes", précise le dirigeant, qui écoule chaque année 2 000 tonnes de ses moules produites en Baie du Mont-Saint-Michel et en Loire-Atlantique, auxquelles il faut ajouter 1 200 tonnes achetées à d’autres producteurs. "Ce fonctionnement nous permet de proposer des moules toute l’année afin de répondre à la demande des clients", explique Stéphane Hesry.
Viser l’Asie, le Moyen-Orient et les États-Unis
La demande est en effet très forte en France, pour ce produit peu onéreux, et l’est de plus en plus à l’étranger. Maison Morisseau en écoule en Espagne, Belgique et Suisse, mais aussi au grand export, à Hong Kong. "Nous y travaillons avec un intermédiaire depuis sept ans, qui vend à de belles tables dont de nombreux étoilés, souligne Stéphane Hesry. Notre ambition est de reproduire ce modèle dans d’autres pays en Asie, mais aussi au Moyen-Orient et aux États-Unis. Et c’est ce nouveau conditionnement plus pratique qui va nous y aider." Le dirigeant est également accompagné par Bpifrance pour ces projets.
Des opérations de croissance externe à l’étude
En parallèle, l’entreprise poursuit le développement de sa production en France, avec sa soixantaine de salariés. Après avoir racheté une première concession à La Plaine-sur-Mer (Loire-Atlantique) en 2019 puis une deuxième à Agon-Coutainville (Manche) en 2024, elle vise de nouvelles opérations de croissance externe. "Mais toujours en association, indique le dirigeant. Aujourd’hui, nous produisons 58 % de ce que nous commercialisons, contre 35 % il y a trois ans. L’objectif est d’arriver, en s’associant avec d’autres producteurs, à 70 %".
Si le secteur a tendance à se concentrer (il est passé en trente ans de 80 à 39 producteurs dans la Baie du Mont-Saint-Michel), Maison Morisseau fait partie des acteurs à la santé solide, capable de grandir de cette manière. Elle a d’ailleurs créé la Maison Morisseau Academy pour former en interne certains collaborateurs à la future direction de site.