Lithium de France franchit une nouvelle étape vers la production alsacienne de lithium
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Lithium de France franchit une nouvelle étape vers la production alsacienne de lithium

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La filiale du groupe géothermal Lithium de France poursuit l’avancement de son projet à Rittershoffen (Bas-Rhin). Alors que le groupe a réalisé 18 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, l’entreprise approche les 100 collaborateurs et entre dans une nouvelle phase avec le forage d’un second puits et la montée en puissance de son démonstrateur industriel d’extraction directe du lithium.

Depuis le poste de pilotage, les équipes supervisent en temps réel la progression du forage, les paramètres de pression et les données géologiques collectées. Ces informations permettent d’ajuster la trajectoire du puits et de sécuriser les opérations à plusieurs milliers de mètres sous terre — Photo : Marine Dumeny

Sur le site de Rittershoffen, une tour de forage de 150 mètres domine les installations. En contrebas, les équipes de Lithium de France s’activent autour d’un projet qui ambitionne de produire simultanément chaleur géothermale et lithium destiné aux futures batteries européennes.

Détenue à 24 % par Equinor et à 74 % par Arverne Group (basé à Pau) qui a réalisé 18 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, l’entreprise dotée de 150 salariés compte recruter dans les mois à venir, sans donner de chiffres précis.

"Nous construisons progressivement les compétences nécessaires aux futures phases industrielles du projet", explique Jean-Christophe Freund, responsable communication et adhésion des publics à Lithium de France.

Du sous-sol alsacien aux batteries

Le modèle développé par l’entreprise repose sur trois piliers : la production de chaleur renouvelable, l’extraction de lithium destiné à accompagner l’électrification des transports et la réindustrialisation du territoire.

"Notre projet est pensé comme un projet industriel global pour l’Alsace", résume Agnès Bertrand, secrétaire générale de Lithium de France. "L’objectif est de valoriser une ressource locale au service de la transition énergétique."

Le principe consiste à extraire une eau géothermale naturellement chaude à plusieurs milliers de mètres de profondeur. Cette saumure atteint environ 145 °C dans le réservoir souterrain. Sa chaleur peut être valorisée pour produire énergie thermique et froid décarboné, tandis que le lithium dissous est récupéré avant la réinjection de l’eau dans le sous-sol.

Un deuxième puits en cours de forage

Le premier puits est désormais achevé. Un second est en cours de réalisation afin de constituer le doublet géothermique nécessaire au fonctionnement du futur site industriel.

Haute de 150 mètres, la tour de forage permet la réalisation du second puits géothermique du projet de Lithium de France à Rittershoffen. À terme, l’installation doit permettre de produire simultanément chaleur renouvelable et lithium destiné à l’industrie européenne des batteries — Photo : Marine Dumeny

"Nous réalisons en amont une véritable échographie du sous-sol afin d’optimiser la trajectoire du forage et de maîtriser les risques, notamment sismiques", explique Laurent Nicolas, directeur du site et des activités subsurface.

À mesure de la descente, les équipes renforcent l’ouvrage grâce à des tubages métalliques cimentés. Une fois la couche géologique cible atteinte, l’eau chaude pourra être extraite par un puits puis réinjectée par le second.

Selon l’entreprise, les premiers essais ont déjà révélé des débits supérieurs aux hypothèses initiales.

Tester l’extraction en conditions réelles

Parallèlement au forage, Lithium de France exploite un démonstrateur industriel destiné à valider sa technologie d’extraction directe du lithium.

"Le procédé repose sur des matériaux adsorbants capables de capter sélectivement le lithium contenu dans les saumures géothermales", explique Olivier Seibel. "Trois colonnes fonctionnent en alternance : tandis que deux captent le lithium, la troisième est régénérée grâce à un rinçage à l’eau douce permettant de récupérer le métal sous forme liquide."

"L’intérêt du démonstrateur est de travailler sur de vraies saumures, avec les débits, les températures et les contraintes que nous retrouverons demain à l’échelle industrielle", explique Olivier Seibel Thomson, ingénieur procédés industriels. Chaque cycle complet dure entre six et neuf heures. Le lithium récupéré devra ensuite être concentré puis transformé en carbonate de lithium, matière première destinée à l’industrie des batteries.

Soutenu notamment par l’Ademe, Bpifrance, Renault Group, Banque des Territoires et Eiffel Investment Group, le projet vise à terme une production d’environ 1 500 tonnes de lithium par an sur un site de ce type, tout en fournissant une énergie renouvelable locale au territoire.

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