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La technologie d’extraction de lithium de l’alsacien Geolith bientôt en test dans les déserts de sel boliviens
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La technologie d’extraction de lithium de l’alsacien Geolith bientôt en test dans les déserts de sel boliviens

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La start-up Geolith qui développe à Strasbourg sa technologie d’extraction de lithium basée sur le tamisage ionique plutôt que l’évaporation, vient d’être retenue par le gouvernement bolivien pour tester sa solution dans les salars du sud-ouest du pays.

Didier Muschalle, directeur général chez Geolith — Photo : Charlotte Stiévenard

Après l’Allemagne et son récent partenariat avec Neptune Energy, la Bolivie: la start-up Geolith qui développe à Strasbourg - à l’échelle préindustrielle en attendant sa future usine dans le nord de l’Alsace - sa technologie Li-Capt d’extraction du lithium par tamisage ionique, a annoncé la signature d’un accord avec Yacimientos de Litio Bolivianos (YLB). Cet accord "réaffirme notre engagement en faveur d’une industrialisation juste et durable du lithium en Bolivie", stipule l’entreprise sur le réseau LinkedIn.

Création de valeur locale, développement responsable

"Avec notre partenaire, Actaris Act - Bolivian Lithium, nous formons un solide partenariat franco-bolivien axé sur la création de valeur locale et la diversification de l’industrie nationale, contribuant au développement responsable de cette ressource clé pour la transition énergétique mondiale", poursuit l'entreprise.

La Bolivie, qui dispose de gisements de lithium parmi les plus importants au monde (23 millions de tonnes), a chargé l’entreprise publique YLB de développer l’exploitation des salars -ou déserts de sel - dans le cadre de partenariats. En novembre, YLB a notamment signé un contrat avec le chinois CATL, le plus grand producteur mondial de batteries au lithium qui va investir un milliard de dollars dans la construction de deux usines d’une capacité de 35 000 tonnes de carbonate de lithium dans le sud-ouest du pays. En septembre 2024, c’est avec le russe Uranium One qu’elle s’était engagée.

Un procédé plus vertueux que l'extraction par évaporation chimique

Dans sa volonté d’accélérer le déploiement de la filière lithium, le gouvernement bolivien vient d’annoncer sa coopération avec trois acteurs internationaux afin de tester de nouvelles technologies dans l’extraction du lithium.

Inventée par Geolith et Mines Paris Tech, développée avec l'aide du chimiste américain Tronox basé dans le Haut-Rhin, la technologie Li-Capt fonctionne comme un tamis ionique. C'est la poudre de titanate de lithium fixée sur un filtre en textile non-tissé, le tout enroulé dans une cartouche insérée dans des colonnes du système de filtration où passent les saumures dans lesquelles se trouve le lithium, qui "capte" le lithium. Un procédé plus vertueux que les techniques d'évaporation chimique classiques, plus gourmandes en eau et plus polluantes, selon Didier Muschalle, directeur général associé de Geolith.

Une phase test

En Bolivie, la solution de Geolith sera testée en collaboration avec Actaris. Les deux partenaires opéreront dans la région de Coipasa. Deux autres acteurs, l’australien et allemand EAU Lithium PTY et l’argentin Tecpetrol, sont également engagés dans une phase de tests à l’issue de laquelle seront évaluées les performances techniques, économiques et environnementales des solutions mises en œuvre. Avec à la clé, le cas échéant l’établissement de contrats en vue d’un passage à l’étape industrielle.

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