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Seaturns va tester sa technologie basée sur l'énergie des vagues au large de l’estuaire de la Gironde
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Seaturns va tester sa technologie basée sur l'énergie des vagues au large de l’estuaire de la Gironde

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La start-up bordelaise Seaturns testera au printemps 2026 le pilote de sa technologie de flotteur, qui doit produire de l’électricité à partir du mouvement des vagues. Elle le fera au large du phare de Cordouan, en Gironde. Elle travaille déjà aux prochaines étapes d’industrialisation de sa technologie, avec l’ambition de déployer des parcs entiers de flotteurs à l’échelle mondiale.

Vincent Tournerie a fondé la société Seaturns en 2015 — Photo : Romain Béteille

Depuis fin octobre 2025, le port de Bordeaux accueille un nouveau locataire. Jaune et blanc et de forme cylindrique, il mesure 15 mètres de long, six mètres de haut et pèse 42 tonnes. Il s’agit de la technologie houlomotrice de la start-up bordelaise Seaturns, fondée en 2015, qui s’apprête à être testée en conditions réelles au large du phare de Cordouan en Gironde, à partir du printemps prochain. "On va tester le cycle de vie, de l’ancrage au flotteur en passant par les opérations de maintenance et de contrôle", précise l’ingénieur Vincent Tournerie, PDG et fondateur de l’entreprise.

La société, qui compte aujourd’hui neuf collaborateurs, a fait fabriquer cette bouée géante, premier démonstrateur à taille réelle, au chantier Mecasoud de Saint-Nazaire, où elle devait être testée en partenariat avec la Fondation Open-C. Les plans ont changé, "faute d’accord sur les modalités d’essai".

La technologie de Seaturns, construite à Saint-Nazaire, est actuellement dans le port de Bordeaux. Elle sera testée l’an prochain au large de l’estuaire de la Gironde — Photo : Seaturns

De l’électricité à partir des vagues

Si la technologie de Seaturns a mis 10 ans avant d’être construite à l’échelle, c’est que le dispositif est particulièrement innovant et que la société a construit en parallèle la solution technique et son plan de développement économique. Son but est simple : produire de l’électricité renouvelable grâce à l’énergie des vagues.

La bouée fonctionne selon un principe de pendule : le mouvement du flotteur produit une rotation qui alimente la turbine à l’intérieur de la partie blanche, la veine. "Lorsque le flotteur tourne, il fait tourner le système de pendule d’eau qui comprime de l’air ; cela fait tourner la turbine, reliée à une génératrice qui fabrique de l’électricité. Elle est ensuite ramenée à terre par câble", explique son créateur.

L’énergie ainsi produite est censée être injectée dans le réseau par des énergéticiens ayant répondu aux appels d’offres lancés par des collectivités souhaitant utiliser cette énergie. "Dans certains pays, ça pourra aussi être des contrats de gré à gré avec un industriel qui a une usine et un besoin en électricité renouvelable".

Parc houlomoteurs

L’entreprise espère mettre à l’eau des parcs entiers pour massifier sa production d’énergie, à l’image des centrales solaires ou éoliennes avec lesquelles elle compare déjà l’intérêt financier de son offre. Il dépend d’un élément essentiel : l’intensité de la houle, qui lui permettra d’être plus ou moins compétitif en se basant sur le coût actualité de l’énergie (ou LCOE), soit le coût du mégawatt heure produit.

Le flotteur de Seaturns a été remorqué par bateau de Saint-Nazaire à Bordeaux, où il est arrivé fin octobre — Photo : Romain Béteille

"Nous serons plus compétitifs que l’éolien et le solaire dans le nord de l’Europe, du Canada et des États-Unis mais aussi en Australie, en Nouvelle-Zélande ou en Amérique du Sud", explique Vincent Tournerie. "Au départ, on s’intéressera certainement à des marchés où il y a beaucoup de ressources et où le LCOE est un peu plus haut, mais nous serons quand même compétitifs parce que certaines zones insulaires ne peuvent pas installer d’éoliennes et produisent de l’électricité avec des groupes électrogènes à un coût très élevé. Ce sera peut-être nos premiers clients".

2,45 millions d’euros

Besoin de fonds

L’équipementier n’a pas vocation à vendre l’électricité produite mais bien le flotteur, avec une aide technique, au début du moins. "Comme la technologie est nouvelle, on va assister le client dans sa maintenance et partager le risque en cofinançant le premier flotteur commercial", résume Vincent Tournerie. À charge pour ce futur client de les multiplier ensuite.

En attendant, Seaturns a déjà conclu plusieurs accords de collaboration et espère signer des contrats dès la fin de la période de test, fin 2026. Elle finance ses dépenses exponentielles par des levées de fonds. Elle a ainsi réuni cet été 2,45 millions d’euros via la plateforme de crowdfunding Keenest et le soutien d’actionnaires de Team for the Planet. "Les investisseurs privés ont du mal à investir sur des sociétés qui sont loin du marché. Être labellisé comme "projet à impact" a facilité cette levée publique", affirme son dirigeant.

Seaturns a testé sa technologie en 2023 pendant 18 mois sur le site de l’IFREMER de Brest — Photo : Seaturns

Sous-traitance et industrialisation

Les fonds vont financer la R & D, les tests et opérations en mer mais aussi la précommercialisation des fermes pilotes. Seaturns prépare déjà la prochaine levée d’environ 10 millions d’euros espérée en 2027. Elle prévoit de recruter quatre personnes (ingénieurs et commerciaux) l’an prochain.

Pour industrialiser sa technologie, elle misera d’abord sur la sous-traitance. Elle prévoit de délocaliser la production de la partie jaune du flotteur au plus près des zones de déploiement et d’assembler la "veine" elle-même localement. "On aura sûrement une usine d’assemblage dans le futur, probablement d’ici deux ans pour les fermes", termine le fondateur. "Pour l’heure on se concentre sur le développement."

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