Le créateur
Benjamin Burnett, créateur de la start-up landaise Simple Vans (23 collaborateurs, CA non dévoilé) née en 2020, a l’âme d’un designer. "À 16 ans, j’ai gagné un Design Award en Angleterre avec Jaguar. J’ai fini l’école à 18 ans et je suis parti faire une saison en montagne, je suis tombé amoureux de la France", raconte-t-il. Passionné de ski, il monte en 2008 sa première société en Autriche, une agence de communication spécialisée dans les sports d’action et sports extrêmes, une expérience qui lui a appris à diriger une entreprise. Il en a monté plusieurs autres, dont une société de location de fourgons aménagés. C’est pendant le Covid, "par envie de fabriquer et de bricoler des choses" qu’il achète une machine de découpe de bois et l’installe dans son garage. "Je voulais créer du mobilier et simplifier ce qu’il y avait sur le marché", précise-t-il.
Le concept
Simple Vans répond à un secteur de niche mais à fort engouement : les vans aménagés. C’est pour apporter une solution alternative entre l’aménagement de vans neufs (12 000 euros en moyenne) et le bricolage personnel que la société a développé des kits modulaires, faciles à assembler et s’adaptant aux principaux modèles de vans du marché. "Notre ennemi, c’est le DIY (do-it-yourself, NDLR) mal fait", assure le fondateur. Lit, cuisine, rangement… l’offre est modulaire et le premier prix à moins de 1 000 euros. Le bois (peuplier) provient d’Espagne et de France — notamment du négociant bordelais Générale des Bois -, la découpe est numérique et le système d’assemblage, sans vis ni colle, "utilise des joints dont on se sert en menuiserie". Vendus en ligne, les kits peuvent être à assembler soi-même ou, pour les moins bricoleurs, bénéficier du réseau de professionnels fourni par l’entreprise.
Les perspectives
Simple Vans a connu une croissance rapide de son activité et de sa clientèle ces dernières années, bien aidé par la démocratisation de la "vanlife". De 11 clients en 2021, elle est passée à 2 464 en 2025. Environ 65 % d’entre eux sont français mais la start-up landaise fait partir ses kits dans toute l’Europe. "On livre beaucoup en Allemagne, en Autriche, on va accélérer sur la Suède et les Pays Bas cette année. On veut être plus solides en cas de crise ou si la mode s’arrête", ajoute le dirigeant, assurant vouloir atteindre une moyenne d’environ 3 000 clients par an.
En 2025, Simple Vans a investi environ 1 million d’euros pour devenir propriétaire de son propre atelier, un bâtiment de 750 m2 dans la zone artisanale de Saint-Michel Escalus, près de Dax (Landes). Regroupant aujourd’hui 23 personnes, la société va ajouter cinq opérateurs à son effectif dans les prochaines semaines, des renforts pour la haute saison qui approche.
Pour l’heure, Simple Vans cherche avant tout à "trouver un point stable pour la société et le marché", le tout sans investisseurs extérieurs ni levées de fonds envisagés. Pour son fondateur, l’important est d’accompagner le développement tout en gardant un esprit de start-up et un mode de vie très adaptable. Au moins autant que ses kits.