Petite révolution chez K-Line. Le premier fabricant français de menuiseries aluminium a décidé de transformer la totalité de sa gamme de fenêtres et baies coulissantes. À partir de mai 2026, l’entreprise des Herbiers (1 890 salariés, 448 M€ de CA en 2025), en Vendée, systématisera l’emploi d’aluminium recyclé et de verre recyclé dans la fabrication de ses menuiseries.
Aluminium recyclé fabriqué par Coralium
La totalité des fenêtres K-Line comprend d’ores et déjà des profils intégrant au moins 80 % d’aluminium recyclé, issu très majoritairement de l’usine Coralium. Entrée en fonctionnement en juin 2025, cette fonderie bas carbone détenue par les groupes vendéens Liebot — également actionnaire de K-Line — et Fineiral doit produire, en 2026, 26 000 tonnes de billettes d’aluminium (des cylindres destinés à l’extrusion de profilés) émettant 82 % de CO2 de moins que la moyenne des billettes utilisées dans le bâtiment en Europe. K-Line a, par ailleurs, sélectionné deux partenaires, Saint-Gobain Glass et AGC, qui fourniront des vitrages à faible empreinte carbone, incluant en moyenne 56 % de verre recyclé et émettant 42 % de CO2 de moins qu’un vitrage standard. Les modèles de fenêtres éligibles à ces vitrages représentent 78 % des ventes de K-Line.
Choix du bas carbone sans surcoût
"Nous positionnons la fenêtre aluminium bas carbone comme le nouveau standard du marché. Nous proposons cette offre sans hausse de prix, ni compromis sur la qualité et les performances de nos produits, car nous maîtrisons l’ensemble de la chaîne de valeur de l’aluminium", commente Benoît Fabre, directeur général de K-Line.
En effet, si l’évolution de ses gammes ne modifie pas les processus de production dans les cinq usines de K-Line en Vendée et dans celle de Saint-Vulbas dans l’Ain, elle entraîne un surcoût que l’industriel ne répercutera pas sur ses prix de vente. "Notre choix d’absorber le surcoût constitue plus qu’une stratégie marketing. Il s’inscrit dans une stratégie d’entreprise plus globale visant à répondre aux enjeux de décarbonation du secteur et de notre propre transition environnementale", pointe le dirigeant.
Répondre aux enjeux de décarbonation du marché
Avec ses menuiseries bas carbone, K-Line a, tout d’abord, pour ambition de répondre aux enjeux du secteur de la construction, soumis à de nouvelles exigences en matière de calcul des consommations d’énergie et des émissions de carbone tout au long de la vie des bâtiments. "Les investisseurs et les donneurs d’ordres accordent de plus en plus d’importance à ces critères. Les performances environnementales de nos menuiseries nous permettent de répondre aux appels d’offres bas carbone et sous labels (BREEAM, HQE…). Avec cette offre différenciante, nous avons pour objectif de renforcer notre leadership sur le marché de la construction", indique Benoît Fabre. En 2025, sur un marché de la fenêtre en recul de 3 %, K-Line a progressé de 3 %.
Souveraineté industrielle
Avec une ressource en aluminium bas carbone intégrée à sa chaîne de valeur et une fabrication made in France, y compris chez ses partenaires (hormis une usine en Belgique), K-Line fait également le choix de la souveraineté industrielle. Celle-ci constitue un atout dans un contexte géopolitique durablement perturbé. "Nous ne sommes pas à l’abri des aléas du marché et des hausses du cours de l’aluminium provoqué par la guerre au Moyen-Orient. Mais notre usine Coralium nous permet de réduire notre dépendance aux approvisionnements, via notre réseau de recycleurs régionaux", souligne le dirigeant.
Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % d'ici 2030
La généralisation du bas carbone dans ses gammes s'inscrit également dans le plan de transition environnementale de l'entreprise, K-Line Planet, qui a pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % d'ici 2030 et 80 % d'ici 2050. Fin 2025, K-Line les avait déjà réduites de 20 % et espère accélérer cette trajectoire en 2026. "Près de 80 % de l'empreinte carbone de K-Line provient de l'aluminium et du verre utilisés dans nos produits. Plutôt que de compenser nos émissions, nous avons fait le choix de transformer nos process industriels à la source, en innovant avec nos menuiseries bas carbone", explique Benoît Fabre.