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Le fabricant de meubles vendéen Gautier sort de redressement judiciaire
Vendée # Fabrication de meubles # Procédure collective

Le fabricant de meubles vendéen Gautier sort de redressement judiciaire

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Placé en redressement judiciaire, à sa demande, par le tribunal de commerce de Poitiers le 1er juillet 2024, le groupe Gautier vient de sortir de cette procédure. Après une période difficile marquée, notamment, par des suppressions d’emplois, le fabricant de meubles vendéen, accompagné de nouveaux investisseurs, mise sur sa transformation digitale et la diversification de ses activités pour se relancer.

Le basketteur Rudy Gobert, champion NBA, a rejoint les investisseurs du tour de table qui soutiennent Gautier France et son dirigeant David Soulard. et David Soulard (à droite sur la photo) — Photo : Libaud Antoine

Le Tribunal de commerce de Poitiers a acté, le 2 décembre 2025, la sortie de redressement judiciaire du groupe Gautier. Celui-ci s’était placé de lui-même sous la protection de cette instance, le 1er juillet 2024.

Cette heureuse issue vient clore une période difficile pour le fabricant de meubles vendéen. Celui-ci a été fortement impacté par la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières provoquée par le conflit entre la Russie et l’Ukraine, le recul des ventes de meubles lié à la chute du marché de la construction, mais aussi par la dissolution de l’Assemblée nationale. "Cet événement politique a été un point de bascule. Il a eu un impact énorme sur la consommation des ménages qui ont préféré épargner", souligne David Soulard, directeur de Gautier France.

L’entreprise familiale, qui employait, en 2024, 700 salariés sur ses trois sites de production en Vendée (Le Boupère-siège social, Chantonnay et Saint-Prouant) a dû se résoudre à se séparer d’une partie de ses salariés, ramenant ses effectifs à 500 collaborateurs actuellement. Le chiffre d’affaires a, pour sa part, reculé passant de 120 millions d’euros en 2021 à 75 millions d’euros en 2025.

Un tour de table à 14 millions d’euros

La préservation de l’activité du groupe et sa sortie de redressement judiciaire ont été rendues possibles par la mobilisation de l’écosystème local. "Ma recherche de fonds a pris du temps. Je me suis d’abord tourné vers des acteurs parisiens. Mais la combinaison meubles, retail et Made in France a clairement fait peur et j’ai échoué. J’ai alors décroché mon téléphone et appelé des familles d’industriels. 16 ont répondu positivement. C’est cette extraordinaire solidarité du tissu industriel vendéen et nantais qui nous permet d’aborder une nouvelle page. À un moment où on dénigre beaucoup les holdings familiales, celles-ci ont fait le choix de nous soutenir, avec un engagement fort de leurs dirigeants", souligne David Soulard.

"À un moment où on dénigre beaucoup les holdings familiales, celles-ci ont fait le choix de nous soutenir, avec un engagement fort de leurs dirigeants"

Le dirigeant de Gautier France a ainsi bouclé un tour de table de 14 millions d’euros, apportés par des industriels locaux, dont Gilles Briand et Jean-Pierre Liebot, dirigeants des groupes éponymes, ainsi que des amis et la famille Soulard. La banque de l’Orme, branche de la Caisse d’Épargne Bretagne Pays de la Loire, a également soutenu l’ETI dans son retournement. Une star de la NBA, en la personne de Rudy Gobert, proche de longue date de la famille Soulard, a également investi dans l’entreprise.

Transformation et diversification

Reste maintenant à Gautier à rebondir, en profitant du frémissement qui se manifeste depuis quelques mois dans le secteur de la cuisine. "En général, le secteur du meuble suit dans les quatre à cinq mois qui suivent", commente David Soulard.

Sur le plan opérationnel, Gautier articule son développement à venir autour de trois axes. La transformation digitale, en intégrant l’intelligence artificielle, doit permettre au groupe d’améliorer l’expérience client et de simplifier les process. La flexibilisation de l’outil industriel a pour objectif de gagner en agilité, en qualité et en réactivité pour améliorer le service délivré aux clients. Enfin, l’entreprise mise sur la diversification de ses activités et produits pour élargir ses débouchés et sécuriser l’activité. Gautier cible, notamment, les marchés professionnels (hôtels, bureaux, paquebots…) et l’aménagement de la maison. "Nous avons sorti une gamme de produits, dressings, rangements, bibliothèques… allant dans ce sens", indique le dirigeant qui prévoit d’investir plusieurs millions d’euros dans les trois ans pour soutenir ces choix stratégiques.

"Notre objectif maintenant, c’est de rester petits et agiles. Nous nous donnons comme objectif de retrouver notre chiffre d’affaires 2024 dans dix ans, soit 100 millions d'euros, en étant rentables. 75 % des entreprises en redressement judiciaire disparaissent, 23 % changent de mains, 2 % conservent leur dirigeant. Nous avons beaucoup de chance de faire partie de cette catégorie, en cette période où il est très compliqué de se refinancer. 75 % de nos créanciers ont voté en faveur du plan de continuation. C’est également exceptionnel. Je suis très reconnaissant à nos salariés, clients, franchisés, partenaires… qui nous ont fait confiance", conclut David Soulard.

Vendée # Fabrication de meubles # Procédure collective # ETI # Made in France # PME