Face à des défaillances record, Serge Papin érige les meubles Gautier en exemple à suivre
# Industrie # Politique économique

Face à des défaillances record, Serge Papin érige les meubles Gautier en exemple à suivre

Le ministre des PME Serge Papin, originaire de Vendée, a rendu visite à l’usine des meubles Gautier, entreprise vendéenne sortie par le haut de son redressement judiciaire en décembre dernier. Pour limiter les défaillances à l’avenir, le ministre veut favoriser le made in France. Pour ce faire, il a insisté sur deux de ses combats : la lutte contre la concurrence déloyale des plateformes asiatiques, et les retards de paiement.

Serge Papin, ministre des PME (au centre), va soutenir un projet de loi pour sanctionner les retards de paiement — Photo : Benjamin Robert

C’était son premier voyage sur ses terres vendéennes depuis sa nomination, en octobre dernier, au poste de ministre des PME. Serge Papin, 70 ans et né à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, a rendu visite ce vendredi 6 février, au site de Chantonnay du fabricant de meubles vendéen Gautier (500 salariés). Une enseigne loin d’être choisie au hasard, surtout à l’heure où les défaillances d’entreprises affichent des niveaux records, avec 70 000 entreprises touchées en 2025. Placé en redressement judiciaire en juillet 2024, le groupe Gautier en est sorti fin 2025 grâce à un financement de 14 millions d’euros. "Cette aventure est au cœur du message que je porte. Acheter un produit made in France, c’est faire vivre tout un écosystème", pointe Serge Papin.

Le ministre des PME (à gauche) a profité de son voyage en Vendée pour saluer le rebond des Meubles Gautier, aux côtés de son dirigeant David Soulard (à droite) — Photo : Benjamin Robert

Une lutte contre les plateformes de e-commerce

Le ministre a profité de cette visite pour revenir sur les combats qu’il mène au niveau national. "2026 sera l’année de la résistance aux plateformes comme Shein", lance-t-il. Le ministre a rappelé qu’une nouvelle taxe de deux euros sur tous les petits colis va entrer en vigueur. De plus, une taxe douanière européenne de trois euros doit également s’appliquer. "Le flux de petits colis devrait ainsi être freiné. Nous étudions également un projet de loi pour non-conformité des produits vendus et des matières utilisées. On ne peut pas demander à des acteurs français comme Gautier de respecter des normes qu’eux ne respectent pas", ajoute Serge Papin.

Serge Papin a appelé à lutter contre la concurrence déloyale des plateformes étrangères, notamment chinoises, comme Shein — Photo : Benjamin Robert

Un besoin de plus de fonds propres

David Soulard, dirigeant des meubles Gautier, profite de cette visite ministérielle pour dévoiler certains investissements réalisés au sein de son usine. "Aujourd’hui il faut rendre le made in France compétitif. Pour cela, la robotisation est essentielle", appuie le dirigeant. Le son de cloche semble bien entendu par le ministre qui abonde : "Il faut un plan robot. Leur utilisation permet de diminuer les coûts de production, et donc de se poser en alternative crédible à Shein. Mais cela nécessite des investissements. Or, nous avons en France un tissu de PME sous-capitalisées. Elles ont besoin de plus de fonds propres", analyse Serge Papin.

L’enseigne Gautier mise sur la robotisation pour rendre le Made in France compétitif — Photo : Benjamin Robert

La Vendée, un écosystème de sous-traitants locaux

À l’heure où les défaillances d’entreprises sont en hausse, et que les financements sont plus complexes à débloquer, Serge Papin veut ériger en exemple les meubles Gautier, qui sont parvenus à lever ces fonds notamment grâce au soutien financier de plusieurs industriels locaux, comme les groupes Briand et Liebot. "Le modèle vendéen est inspirant, car il est solidaire. Je vais faire une comparaison osée : ce qu’ils font à Shenzhen (Chine), nous le faisons en Vendée, car il y a aussi tout un écosystème de sous-traitants présents sur place, autour des entreprises, en local. Non seulement en tant que Vendéen, mais en tant que ministre, je suis un vrai supporter de ce modèle. C’est grâce à cela que la Vendée est au plein-emploi, et que les entreprises se portent bien", ajoute Serge Papin.

L’enseigne Gautier mise sur la robotisation pour rendre le Made in France compétitif — Photo : Benjamin Robert

Limiter les retards de paiement

Pour autant tout n’est pas rose dans le département, puisque la Vendée a vu les défaillances d’entreprises exploser en 2025, avec une augmentation de 22,5 %. "Il faut parvenir à renverser cette tendance", ajoute le ministre, pour qui une bonne partie de ces défaillances pourrait être évitée en limitant les retards de paiement. "Une loi est portée en ce début d’année pour déplafonner les sanctions envers ceux qui ne respectent pas les délais. Cela concerne 20 000 entreprises, avec un enjeu de 17 milliards d’euros", précise Serge Papin. Une somme qui permettrait de financer de nombreux plans d’investissement au sein des PME.

Vendée France # Industrie # Politique économique # ETI # Procédure collective # Services de l'Etat