Le picard Maison Drucker, un fabricant de chaises en rotin typiques des cafés parisiens, vient de s’installer sur un nouveau site de 3 200 m² à Venette, près de Compiègne (Oise). Sa quarantaine de salariés commençait à se sentir à l’étroit sur le précédent site de Gilocourt (Oise). "Les anciens locaux étaient vétustes et à la limite de l’insalubrité, l’entreprise y était depuis les années 1980", précise le dirigeant Bruno Dubois.
Après quatre ans de travaux, le nouveau site permet de quadrupler la surface. Il comprend un showroom, un espace de stockage et un atelier de 1 000 m² pour fabriquer les chaises en rotin haut de gamme, spécialité de la Maison depuis 140 ans. L’investissement total s’élève à 6 millions d’euros, financé en partie sur fonds propres, le reste via un promoteur avec qui l’entreprise a signé un bail de 15 ans. "Construire nous-même le bâtiment aurait pris trop de temps. Nous voulions nous concentrer sur notre métier : développer notre marque", explique Bruno Dubois.
Une marque française reconnue à l’international
Les chaises de Maison Drucker sont vendues principalement aux hôtels de luxe, restaurants haut de gamme et particuliers fortunés. Le nouvel atelier reflète cette image : "un endroit digne de notre marque, classe et élégant".
L’entreprise réalise 60 % de son chiffre d’affaires à l’étranger, pour un total de 6,5 millions d’euros. "L’image du café parisien avec ses chaises bistrots est très forte dans le monde entier. Le marché du luxe et de la décoration est en baisse, mais nous avons réussi à maintenir notre activité en 2025. Je pense que 2026 sera une année de reprise", note le dirigeant.
Cap sur le marché américain
Maison Drucker prévoit d’augmenter ses exportations, notamment aux États-Unis, où elle est déjà présente. Le chiffre d’affaires y a doublé en quatre ans grâce au bouche-à-oreille. "Si nous nous appuyons sur un réseau de distribution dans une vingtaine de grandes villes, nous pouvons envisager 10 points de croissance supplémentaires dans les 3 à 4 ans", précise Bruno Dubois.
Le marché américain est "le plus verrouillé au monde", mais les discussions sont avancées. Une décision pourrait intervenir au premier trimestre 2026, avec des résultats commerciaux attendus au deuxième trimestre.
Une production française et indonésienne
Maison Drucker produit 15 000 à 30 000 chaises et 3 000 à 4 000 tables par an. Une partie de la fabrication reste en France, sur le site de Venette, mais une grande partie est réalisée en Indonésie, où l’entreprise s’est associée à un atelier local. "C’est le pays du rotin, ils ont un savoir-faire exceptionnel. Quand j’ai repris Maison Drucker en 2006, en redressement judiciaire, c’était le seul moyen de relancer l’entreprise", explique Bruno Dubois. Le prix de revient en France est supérieur au prix de vente, mais l’atelier local permet de maintenir le savoir-faire et la tradition. L’entreprise accepte cette perte, compensée par la marge positive réalisée en Indonésie.