Fondée en 2023 à Castelnau-le-Lez (Hérault) près de Montpellier, la start-up Enrise (10 salariés), qui facilite la transition énergétique dans l’immobilier commercial et industriel, suit une courbe de croissance en accélération. Après avoir réuni 500 000 euros en 2024 auprès de Pascal Marguet (fondateur de l’énergéticien montpelliérain Apex Énergies), elle signe une nouvelle levée de 8 millions d'euros auprès de cinq fonds (Set Ventures, Asterion Ventures, Ring Capital, AFI Ventures, Climate Club) et de Bpifrance (clef de répartition non précisée). Enrise prévoit ainsi de financer le développement de sa plateforme, qui automatise le processus de l'autoconsommation électrique pour les acteurs de l'immobilier commercial et industriel : démarches administratives, financement, installation, exploitation, maintenance et suivi de la performance.
Une structuration rapide
L’expertise de Pascal Marguet, qui siège au comité de direction d’Enrise, a aidé la start-up à se structurer rapidement. Celle-ci dispose déjà d’un réseau d’une vingtaine d’installateurs qui lui offre une couverture nationale, tout en continuant à s’étendre. Avec cette levée de fonds, Enrise prévoit de tripler de taille d’ici la fin d’année, en recrutant 20 collaborateurs (commerciaux, ingénieurs, chefs de projets…) répartis entre son siège héraultais et son bureau parisien.
"Pascal Marguet a cru dès le départ dans notre technologie, qui verticalise l’autoconsommation électrique. Cette approche permet de massifier le déploiement de projets sur des surfaces déjà artificialisées, comme des parkings ou des toitures (surface moyenne : de 300 à 1 500 m2, NDLR)", indique Paul Astrup, cofondateur d’Enrise aux côtés d’Armand d’Ambrières.
Un processus accéléré
En effet, en agrégeant toutes les étapes d’un projet d’autoconsommation dans une même solution clefs en main, Enrise se développe sur la base d’une double promesse commerciale : accélérer le temps de construction en le ramenant à moins de 8 mois (contre un an en moyenne chez les énergéticiens), et réduire la facture électrique de ses clients de 30 % environ. "Nous sommes plus réactifs que d’autres acteurs. Notre plateforme automatise beaucoup de taches à faible valeur ajoutée, comme les formulaires de demande de raccordement au réseau Enedis. Cette rapidité convainc les clients multisites qui ont des parcs de plusieurs actifs à solariser, mais qui n’ont pas l’expérience ou le temps pour le faire", détaille Paul Astrup.
Des centaines de sites à solariser
En deux ans, Enrise affiche déjà une centaine de projets construits ou en cours de développement. Parmi ses clients récents figurent le gestionnaire d’actifs Invesco ou encore Dekra, expert du contrôle technique, chez qui la start-up déploiera des projets sur une centaine de sites en quelques années, dont 20 sites en 2025. "Notre objectif est de sécuriser un milliard d’euros d’actifs solaires à financer dans les cinq ans", annonce le startupeur.
Désirant toujours plus se régionaliser, Enrise prévoit aussi de renforcer son siège héraultais pour mieux rayonner dans le Grand Sud, et d’ouvrir un bureau à Lyon pour attaquer de nouveaux territoires. Tout en continuant à travailler en R & D : la start-up prévoit d’intégrer sous peu à sa plateforme des modules permettant à ses clients de piloter plus finement l’utilisation de l’énergie produite dans leurs sites, "en décidant de la consommer tout de suite, de la stocker ou de l’injecter dans le réseau".