Prolongeant des coopérations nouées depuis quelques années, le groupe TotalEnergies (100 000 salariés, CA 2025 : 173,7 Md€) et l’Université de Montpellier (50 000 étudiants), à travers sa Faculté des sciences (10 000 étudiants), signent une convention de partenariat visant à favoriser la formation et l’insertion professionnelle des étudiants.
"Même s’il y a eu des débats, la convention a été signée par le conseil de la Faculté des sciences, qui a toujours le souci d’innover sur le plan pédagogique. Elle porte avant tout sur la transition énergétique. Comme pour toutes nos formations professionnalisantes, elle nous permettra d’accueillir des intervenants du monde socio-économique pour aider nos étudiants à se saisir de cet enjeu", contextualise Jean-Michel Marin, doyen de la Faculté des sciences.
Une priorité donnée au renouvelable
Le groupe TotalEnergies emploie environ un millier de salariés en Occitanie, dont 300 au sein de sa filiale régionale située à Béziers (Hérault). "Ils se spécialisent dans les projets d’énergies renouvelables, qui représentent bien l’essentiel de notre activité dans la région", confirme Sylvain Panas, directeur régional de TotalEnergies Occitanie.
Le groupe, qui a déjà 2 GW de puissance installée en France, prévoit de mettre 3,5 GW de plus en production d’ici 2031, doublant notamment la part du renouvelable (éolien, photovoltaïque, hydraulique).
Une professionnalisation grandissante
Le partenariat concerne le Master mention "Énergie", créé par la Faculté de sciences en 2011 autour de 2 thématiques (énergies renouvelables et efficacité énergétique). La volonté de l’UM est de le faire évoluer : formant essentiellement des gestionnaires de projet jusqu’ici, ce cursus visera désormais à former de futurs cadres pour répondre aux besoins des laboratoires en matière de R & D, et à ceux des industriels des filières énergétiques comme TotalEnergies. Trois parcours de formation au sein du Master seront mobilisés, dont le parcours "Matériaux pour les Énergies Bas Carbone" récemment créé avec le soutien de la Région Occitanie.
Une coopération pédagogique
Concrètement, TotalEnergies mettra des professionnels à disposition de ces formations, afin d’apporter des contenus académiques et des retours d’expérience. De même, le groupe accueillera des étudiants sur ses sites industriels et énergétiques en Occitanie et dans le sud de la France (centrales solaires, installations de méthanisation, centre opérationnel, usine SAFT de Bordeaux, etc.).
"En France, 60 % de l’énergie consommée est encore d’origine fossile, et 40 % d’origine renouvelable. Si nous voulons inverser les proportions à l’avenir, nous devons investir dans le biogaz, les biocarburants, ainsi que l’électrification des usages. La France est un leader technologique sur ces sujets, mais encore faut-il donner envie aux lycéens et aux étudiants de nous rejoindre", affirme Isabelle Patrier, directrice France de TotalEnergies. Et d’ajouter que "le monde économique et l’université peuvent co-construire cette transition énergétique".
Pas de contreparties financières
Le partenariat n’intègre pas de volet financier (dotation, bourses ou autres), même si TotalEnergies met en avant la prise en charge des déplacements des étudiants et la mise à disposition d’enseignants. En outre, aucun objectif chiffré n’est donné en termes de recrutements ou d’alternances, le groupe rappelant ici que le quota d’étudiants issus de l’UM s’insérera dans les 2 000 à 2 300 apprenants qu’il reçoit tous les ans. Le site web "TotalEnergies Careers" indique que 15 200 personnes ont été recrutées en contrats permanents en 2023, dont 47 % avaient moins de 30 ans.