E-saf : les projets d’usines de Verso Energy dans les Landes et en Haute-Vienne freinés par le réseau électrique
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E-saf : les projets d’usines de Verso Energy dans les Landes et en Haute-Vienne freinés par le réseau électrique

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Portées par Verso Energy et chiffrées à 3,6 milliards d’euros, les futures usines de carburant synthétique pour l’aviation dans les Landes et le Limousin auront du retard. Les partenaires locaux Sylvamo et Ryam, qui fourniront le CO2, devront patienter. En cause : le renforcement du réseau électrique qui tarde. Verso Energy tente de positiver.

Christian Ribeyrolle, président de Ryam France, et Antoine Huard, PDG de Verso Energy, devront patienter avant de construire l’usine de production de carburant synthétique sur le site de Ryam à Tartas (Landes). Initialement prévue en 2027, elle ne débutera pas avant 2030 — Photo : Caroline Ansart

En Haute-Vienne, les 2,2 milliards d’euros d’investissements annoncés feraient du projet "Lichen" le plus gros jamais porté dans le département. Dans les Landes, le projet "Restart" (1,4 Md€) est une des 150 "cathédrales industrielles" décrétées par le président Macron en avril 2026, donc stratégique, et doit bénéficier à ce titre de procédures accélérées. Ces usines de carburant synthétique pour l’aviation — produit à partir d’électricité et de CO2 biogénique — répondent à un double enjeu environnemental et de souveraineté. Pour autant elles sont retardées.

Le projet "Restart" repoussé de 3 à 5 ans

Restart, initialement le plus avancé des quatre projets du genre portés par l’entreprise d’énergies renouvelables Verso Energy (70 salariés) et prévu pour une mise en service en 2030, est repoussé de trois à cinq ans. En cause : le renforcement du réseau électrique.

En concurrence avec les data centers

"On est sur un problème de calendrier qui nous dépasse, explique Antoine Huard, le PDG de Verso Energy. La France déploie un vaste plan d’électrification mais tout ne peut être fait en même temps. On se retrouve en concurrence avec d’autres projets, notamment des data centers, dont certains sont aussi confrontés au même problème."

Si le dirigeant affirme d’un côté que "la date n’est pas gravée dans le marbre", il reconnaît "avoir activé beaucoup de leviers". "C’est remonté jusqu’à Matignon", confie-t-il.

"Pour approvisionner les compagnies aériennes en France en 2030 dans les proportions demandées, il faudra quatre usines comme les nôtres"

"En tant qu’industriel c’est une mauvaise nouvelle, parce que nous aurions aimé lancer tous nos projets en même temps, mais nous prenons acte et nous sommes prêts, ajoute le dirigeant. À Tartas, dans les Landes, les études environnementales sont derrière nous, nous avons le soutien des élus, le foncier est assuré avec Ryam."

Report de la construction

La construction de l’usine des Landes devait débuter en 2027. "On adapte le rétroplanning, poursuit-il. Les permis de construire ont une durée de validité et on ne va pas construire et attendre. Le chantier débutera seulement trois ans avant le renforcement du réseau prévu entre 2033 et 2035 selon RTE."

Des créations d’emplois décalées dans le temps

Les 250 emplois – dont 100 en direct – pour ce seul projet des Landes sont reportés d’autant. Tout comme les revenus espérés par les entreprises partenaires, la papeterie Sylvamo à Saillat-sur-Vienne et le fabricant de cellulose Ryam (340 salariés, 200 M€ de CA 2025) à Tartas, qui vendront leur CO2.

Pas de remise en cause des projets

"[Néanmoins] le retard ne remet pas en cause les projets, assure Antoine Huard. Ils bénéficieront du retour d’expérience du projet normand Dezir — puisque toutes les usines sont similaires — qui lui n’a pas besoin d’un renforcement de réseau et qui sera prêt dès 2030."

Ils bénéficieront aussi du marché plus mature et des clients potentiels, compagnies aériennes ou fournisseurs de carburant. Verso Energy table sur des contrats fermes "d’ici la fin de l’année, peu importe de quelle usine viendra le carburant".

Apporter une réponse aux règlements européens

Le carburant synthétique est appelé à remplacer le carburant fossile ; le règlement européen impose d’incorporer 1,2 % d’e-saf dès 2030 et 35 % en 2050. "Pour approvisionner les compagnies aériennes en France en 2030 dans les proportions demandées il faudra quatre usines comme les nôtres", estime Antoine Huard.

La France aura même vocation, selon le dirigeant, à produire bien davantage pour approvisionner les pays européens qui ne seront pas en mesure de fabriquer eux-mêmes.

Pour l’heure, Verso Energy guette les résultats du "feed", l’étude d’ingénierie poussée, qui déterminera précisément d’ici la fin de l’année les plans de l’usine à Tartas et son coût, pour l’instant estimé à "plus ou moins 40 %".

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