Le créateur
Valentin Nicolas était encore étudiant lorsqu’il a eu l’idée de créer France Blasons, une petite société de marquage textile en flocage et sérigraphie, avec une vieille imprimante pour tout outil industriel. Déjà charentaise, la petite société s’est développée essentiellement grâce à Internet. Elle n’était "pas du tout tournée vers l’écoresponsabilité. Dans le marché des autocollants à haute durabilité, tout le monde se fout de l’environnement", assure le chef d’entreprise de 27 ans. Diplômé en économie et en finance d’entreprise, il rebondit à Paris dans un job d’assistant banquier à la Caisse d’Épargne, avec "l’impression de passer à côté de ma vie. Je suis donc retourné en Charente pour me concentrer sur l’entreprise." Avec l’intention délibérée de la mettre au vert.
Le concept
La start-up StickerGreen est réellement née en janvier 2022, avec une intention : essayer de faire bouger les lignes d’un marché aujourd’hui essentiellement dominé par les États-Unis et le plastique PVC. S’il donne aux autocollants une plus grande durée de vie (7 ans), il est entièrement issu de pétrole vierge et les déchets produits (25 à 86 % de la matière) lors de sa fabrication ne sont pas recyclables, donc essentiellement incinérés. Les alternatives existent, mais sacrifient la durabilité.
C’est sur ces points que repose sa différenciation : au PVC, la start-up a préféré le PET ou Polyéthylène téréphtalate, un autre plastique "assez compétitif par rapport au PVC" qui dure aussi longtemps. Et ce, avec une différence majeure : 58 % du PET utilisé dans la composition du sticker est recyclé. L’impact environnemental, en cours de certification par un organisme indépendant, est déjà affiché : -60 % d'émissions de CO2, -87 % de consommation d’eau, -25 % d'énergie et -22 % de pétrole.
StickerGreen ne se source pas en France : son PET est turc, son adhésif allemand et l’assemblage pour créer des rouleaux est chinois. La société reçoit ces rouleaux et imprime des autocollants avec son propre matériel. Le tout repose sur un modèle de vente en ligne, qui s’adresse à tous types d’entreprises, des petits artisans aux gros acteurs comme Electra (bornes de recharge pour véhicules électriques), le groupe d’ingénierie Artelia ou l’antenne française de Wikipédia.
Les perspectives
StickerGreen (4 collaborateurs) espère atteindre 250 à 300 000 euros de chiffre d’affaires cette année. Elle n’a, pour l’heure, pas levé de fonds mais a été subventionnée par la Région pour de l’aide à l’investissement (40 000 euros cette année) et devrait déménager dans les prochains mois pour des locaux plus grands. StickerGreen réfléchit déjà à l’achat d’une machine de pré-broyage en vue de solliciter des acteurs (si possible français) pour recycler ses chutes de matière. "Un seul recycleur a accepté pour l’heure, il est italien", précise Valentin. Enfin, la start-up a des ambitions européennes : elle vise en particulier les pays nordiques "où les critères environnementaux occupent une place croissante dans les décisions d’achat".